Mes highlights de GinapaloozaMTL 2016

La gin frenzy s’est terminée le 11 mai dernier à Montréal et l’aventure se poursuit maintenant à Calgary depuis mercredi dernier jusqu’au 1er juin. J’ai listé pour vous mes faits saillants de l’évènement.

J’ai réussi à amasser 17 étampes sur 30, ce qui est pas mal du tout en vue du tirage, mais je regrette énormément de ne pas avoir essayer les créations du 4ième mur, du Kabinet et du Lab. Ce sont les 3 bars que je n’ai pas pu faire. Leur liste pour ginapalooza semblait excellente. Ceux qui les ont essayé, n’hésitez pas à commenter ici ou sur ma page Facebook.

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Allons-y avec mon top 5 des meilleurs cocktails de ginapaloozaMTL, évidemment parmis ceux que j’ai dégusté :

5. Le Jardin du Park au Bishop & Bagg – Sabrina Mailhot avec le gin Madison Park

Fait partie de la catégorie « t’aimes ou t’aimes pas » peut-être à cause du jus de celeri, mais pour moi ça fonctionnait. Belle frâicheur avec le Cointreau et le citron du Madison Park.

4. Seaword Bound au Wunderbar – Chris Natale avec le gin St-Laurent. 

If you didn’t know, la chartreuse aime les algues de ce gin. Un take végétal sur le Last word, qui fonctionne aussi très bien avec le Romeo’s à cause du match concombre et aneth.

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Seaword Bound

3. Vintage Leaf au 132 Bar Vintage – Jonathan Elbaz avec le Brockman’s gin.

Un mélange éclectique de confiture, de sherry manzanilla et de Cynar pour venir complimenter les baies du Brockman’s. Du bon fruit, bien balancé.

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Vintage Leaf

2. Hollywood Boulevard au 132 Bar Vintage – Jonathan Elbaz avec The Botanist gin

J’étais sceptique. J’avais déjà vu une photo. Mixer du LS Cream ou du Rum Chata avec un tel gin me semblait très étrange. Well folks, it works big time. Le botanist réussi à briller. La beauté de ce cocktail aussi est sa simplicité (3 ingrédients !) que tous devraient reconnaître comme une qualité. C’est pas en lisant le menu que tu devrais être impressionné, c’est quand le drink touche ta langue.

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Hollywood Boulevard

Et le grand gagnant …

Dante de Chez Dallaire – Hugo Dallaire avec le Romeo’s gin.

Le Rimouski et le Secret de Provence étaient aussi excellents chez Dallaire, mais la fraîcheur du Dante avec l’aneth du Romeo’s, le yogourt grec (je suis toujours sceptique avec le yogourt dans les cocktails) et le citron a fait la différence. Un cocktail estival à boire avec avec vos grillades sur le BBQ. So damn good ! Ils vont le garder au menu pour cet été, ce qui est une excellente nouvelle.

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Quelques conclusions…

  • Un beau travail du 132 Bar Vintage et de Chez Dallaire pour leurs créations. Mes 2 endroits favoris lors de l’évènement comme le démontre mon appréciation des cocktails.

 

  • Les gins québécois  Romeo’s et St-Laurent sont exceptionnels pour les mixologues. Les 2 parviennent à faire ressortir la fraîcheur si importante dans les cocktails.

 

  • Ginapalooza offre tellement de chances de gagner facilement des prix que vous seriez crazy de le manquer l’année prochaine ! J’ai gagné 6 prix au total en 1 semaine, et je ne me suis même pas forcé pour les photos et les quiz !
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Ginapalooza – 27 avril au 11 mai

logo62-ginapaloozaCe soir, le volet montréalais de la 2ième édition de Ginapalooza débute ses festivités. Le festival pancanadien a été créé pour supporter nos excellents distillateurs locaux de gin, de même que les établissements et bartenders qui mettent en valeur ce spiritueux à travers leurs créations.

Si vous trouvez que l’attente au 10 mai pour Invasion cocktail est longue, vous avez d’ici là l’occasion pendant 2 semaines de visiter les bars participants et de goûter certains des 30 cocktails utilisant les marques de gin associées avec l’évènement : Beefeater London Dry Gin, Boodles British Gin, The Botanist Gin, Brockman’s Premium Gin, Bulldog London Dry Gin, Caorunn Small Batch Scottish Gin, Hendrick’s Gin, Madison Park London Dry Gin, Romeo’s Montreal Dry Gin et St. Laurent Gin

Assurez-vous de demander votre G-Pass dans un de ces 10 bars participants  :

Pour savoir quelle marque sera en vedette dans quels établissements, cliquez sur les logos sur cette page.

Les étampes que vous accumulerez dans votre G-Pass augmenteront vos chances de gagner un voyage à Londres pour y visiter la célèbre distillerie Beefeater !  De plus, plusieurs autres concours ont lieu pendant les 2 semaines. Vous n’avez qu’à suivre les comptes de Ginapalooza Montréal sur Instagram, Twitter et Facebook et rester à l’affût.

Pour plus de détails sur les manières de gagner des prix visitez la page how-to-palooza sur le site de l’évènement.

Alors au plaisir de se croiser autour d’un cocktail à base de gin. Et faites-vous aller le hashtag #ginapaloozamtl.

C’est parti !

Revue du Gin St-Laurent

Laminaria-longicrurisCeux et celles qui suivent ce blogue auront certainement vu une tendance dernièrement. Mes publications deviennent de plus en plus « gin-centric ». D’autres développements en ce sens sont à venir.

Pour poursuivre dans la même veine, je revois cette fois-ci le gin St-Laurent de la région de Rimouski. Sa particularité (mise à part sa superbe bouteille qui pourrait être un cover de 20 000 lieues sous les mers de Jules Vernes) : le baudrier de Neptune (algues laminaires) du bas-St-Laurent. Ce n’est toutefois pas le premier gin à intégrer ce type d’ingrédient à sa recette. Depuis 2014, la distillerie Dà Mhìle en Écosse infuse un gin avec des algues des plages de Newquay (Cornwall) pendant 3 semaines avant de le refiltrer 3 fois.

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photo tirée de http://www.damhile.co.uk

Par contre le gin St-Laurent lui macère dans les algues et est ensuite passé dans un filtre mécanique pour enlever les particules après 1 semaine. Il a une légère couleur verdâtre distinctive. Certains collègues qui ont pu mettre la main sur les premiers lots m’ont fait part de différences de couleur et de l’apparence des particules dans la bouteille. J’ai pour ma part une bouteille du lot #4 et elle m’apparaît plutôt claire, avec une subtile teinte verdâtre.

Mis à part les algues, les arômates du St-Laurent sont assez classiques : coriandre, casse, angélique, réglisse, citron, orange, cubeb, grains du paradis. Les arômates de base s’apparentent beaucoup aux gins les plus connus de style London Dry. Il est embouteillé à 43 % d’alcool.

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Nez : le côté salin des algues me vient immédiatement. Vous pouvez le sentir à la suite d’un Bombay Sapphire qui a beaucoup d’arômates en commun, pour voir la distinction. Il y a toutefois une pointe d’orange au nez qui annonce une nette différenciation au goût avec le Bombay.

Palais : pour moi l’écorce d’orange était très dominante avec des pointes épicées (poivre et cannelle/casse)

La finale : moyenne, très fraîche, sur le citron et la coriandre.

Je note une tendance à la polarisation en ce moment et sans doute que la sortie des 2 gins du Pied de cochon (matante et mononcle) l’illustre parfaitement. Les gins sont soit très traditionnels et genièvre-first, soit très contemporains et plus expérimentaux. Les distillateurs québecois sont un peu poussés vers l’option contemporaine (ou « new western style ») par soucis de se démarquer à la SAQ. Mais au final c’est bénéfique, parce que ces gins ont le mérite d’amener tranquillement les consommateurs vers le genièvre avec des profils de goût plus facile d’approche. Le Gin St-Laurent fait partie de cette catégorie et est vraiment un superbe produit d’ici dont nous pouvons être fiers.

Suggestions de cocktails

Le gin St-Laurent se boit neat, mais sa fraîcheur ressort beaucoup en Gin Fizz. À essayer… easy avec le soda.

De plus, ce Last Word était particulièrement délicieux :

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Merci à Jean-François Cloutier de la distillerie du St-Laurent d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Voyez les disponibilités en succursales du Gin St-Laurent.

 

 

 

Revue du gin Canopée

Entre l’ITHQ et mon boulot actuel, je n’ai pas encore trouvé un weekend pour rendre visite à la distillerie Mariana à Louiseville.  J’ai quand même acheté une bouteille à sa sortie récente en SAQ, curieux de découvrir les arômes derrière l’appellation « Gin Forestier ».

D’entrée de jeu, je vous le dis, je commence à être sérieusement impressionné par les gins du Québec. Ils ont du caractère et sont bien faits. Ils n’ont absolument rien à envier aux gins de mother England ou de nos voisins du sud. Mais comme n’importe quel trend, il y en a qui embarque parce que ça marche et qui surf sur la vague que les autres ont créé. Serait-ce le cas du Gin Canopée ? Allons-donc au vif du sujet.

Canopée Premium Gin Forestiergin canopée

40 % ABV. Gin Contemporain.

Botanicals : genièvre, épinette noire, thuya, bois d’érable, bois de chêne.

Nez :  bois et genièvre, quelques notes de vanille

Palais : bois Chêne et vanille plus présente

Finale : medium à longue, très enveloppante, boisée avec soupçon d’érable

C’est vraiment la souplesse et la délicatesse de ce gin qui m’a le plus étonné. Ses ingrédients botaniques de la forêt annonçaient pour moi un gin puissant, corsé, difficile à boire tout seul. Or, ce n’est pas le cas du tout. Ce gin est un pur bonheur neat, comme un bon rhum ou un bon whiskey. D’ailleurs, ses notes de bois et de vanille vont certainement conquérir des palais habitués à ces spiritueux. Bonne porte d’entrée donc pour ce type de clientèle qui voudrait s’initier au gin.

Son profil boisé unique le rend intéressant en dehors des classiques du gin, dans des recettes normalement réservées au whiskey. Je vois beaucoup de potentiel à la création pour les bartenders.


Suggestion de cocktail
: Gin Old Fashioned

Voici ma version adaptée spécifiquement pour ce gin :

70 ml Canopée

10 ml Sirop d’érable

Déco : Fraises sur un pic

Petit ajout intéressant : remuez votre old fashioned au préalable avec quelques fraises congelées en plus de la glace. L’érable aime la fraise, et les deux se marient superbement au Canopée.

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G&T anyone ?

J’ai testé avec quelques tonics. Le Canopée s’agence très bien en général en G&T, mais je l’ai trouvé particulièrement intéressant avec le Fever-Tree méditerranéen qui est très floral.

J’aimerais féliciter Jonathan Couturier et Jean-Philippe Roussy pour leur travail et leur persévérance. Je ne serais pas surpris de les voir gagner des prix dans les années à venir.

Alors ne tardez pas, 35 $ j’estime que c’est une véritable aubaine pour ce gin d’exception.

 

Travailler avec le Mezcal

Lors de ma dernière publication, je vous avais parlé de mezcal, des cocktails au restaurant Escondite et de leur dégustation de Los Cuerudos. Je poursuis sur le même thème aujourd’hui avec 2 de mes créations avec le spiritueux fumé de Oaxaca.

La difficulté lorsqu’on mixe avec du mezcal, c’est que le fumé est très présent et atténue beaucoup les autres ingrédients. Il faut donc choisir des ingrédients avec des saveurs assez bold. Je savais déjà que je voulais utiliser l’orange, car elle remplace magnifiquement la lime avec les shots de mezcal. Mais je cherchais d’autres heureux mariages. En regardant le compte Instagram de El silencio, j’ai remarqué une recette intéressante qui m’a incité à faire du sirop de miel.

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Le #MezcalMolly de El silencio est un cocktail simple et délicieux, qui rapelle aussi que les sels fumés et épicés fonctionnent merveilleusement bien avec le mezcal. À retenir.

Comment faire du sirop de miel ?

Très facile, part égale d’eau bouillante et de miel. Mélanger jusqu’à dissolution et réfrigérez. J’ai pour ma part utiliser le Mielleux – un miel artisanal de Roxton Falls. Celui aux fleurs sauvages est excellent.

Voici ma première création, SANGRE Y ARENA :

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1.75 oz Mezcal reposado

1.25 oz jus d’orange frais

0.75 oz sirop de miel

0.5 oz Aperol

Zeste d’orange

Frappez tous les ingrédients dans un shaker et filtrez finement dans une coupe pré-refroidie.

La combinaison d’ingrédients s’apparente peut-être un peu au Blood and sand, d’où le nom. Je le vois un peu comme un cousin mexicain de ce classique. Sucré et fumé avec juste une petite pointe d’amertume qui empêche le cocktail d’être trop sucré.

Pour la seconde création, prenez tout ce que j’ai dit au sujet « d’atténuer le côté fumé » et oubliez-le. Je suis allé complètement à l’encontre de ça et j’ai doublé la mise sur le « smoky » avec du thé lapsang souchong. Car honnêtement, j’aime ça le fumé. Si vous êtes comme moi, cette recette va vous plaire.

 OAXACA ICED TEA

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2 oz Mezcal anejo ou joven

3.5 oz thé Lapsang Souchong froid

0.75 oz sirop de miel

Angostura et orange bitters au goût

quartier d’orange

Combinez les ingrédients, frappez dans un shaker et filtrez dans un highball rempli de glaces. Garnir d’un quartier d’orange.

Je suis très fier de ce cocktail. Si vous n’êtes pas familier avec le lapsang souchong. Demandez de le sentir dans un David’s tea. C’est très particulier. Il est souvent travaillé en cocktail parce que ses arômes rappellent celles du scotch fumé et boisé. Ne vous découragez lorsque vous verrez la couleur du lapsang souchong froid, il est digne du déversement dans le St-Laurent (les montréalais comprendront). Une fois combiné le mélange prend la couleur ambrée d’un thé glacé classique. Avec le miel, on a un résultat qui se rapproche beaucoup d’un vrai thé glacé (plus que le fameux Long island iced tea). C’est fumé certes, mais rien de trop prenant. Un rafraîchissement qui sort de l’ordinaire. Vous pouvez ajouter un peu de soda si ça vous chante.

J’espère vous avoir donner le goût de découvrir le mezcal. Essayez ces recettes et donnez moi vos commentaires.

À très bientôt.

Pourquoi j’aime la mixologie ? Les terrains non-conquis de l’œnologue et le facteur DIY.

Ëtes-vous vin ou cocktail? Commentez!Les terrains non-conquis de l’œnologue.

Comprenez-moi, j’adore le vin, mais goûter et connaître les vins est pour moi une expérience plutôt statique et coinçante. Au resto, je sais que le serveur respecte une étiquette, mais toute cette étape me semble un peu « stiff ». Je ne sais pas quoi choisir, comment gérer l’accord avec mon met, et je connais un faible pourcentage des vins sur la carte. Cette carte m’intimide d’ailleurs. J’ai beau demandé conseil, ce n’est pas vraiment un dialogue. Le serveur, ou le sommelier me « own » complètement, et j’ai toujours l’impression qu’il me faudrait un travail encyclopédique pour vraiment échanger avec lui et apprécier sa suggestion. Je goûte, fais un leap of faith, et suis presque content d’être débarrassé de cette tâche et de prendre mon repas.

À l’inverse, dans un bar à cocktails, l’expérience me semble plus ouverte. Les goûts et odeurs, sans concéder à la subtilité et à la profondeur, sont plus bold et permettent de dialoguer avec le bartender. J’ai plus d’aisance à mettre des mots sur ce que je veux. J’ai de ces ingrédients-là chez moi. La terminologie est accessible. La concoction se fait là-devant toi, pas chez le producteur. Tu peux dire à ton barman des trucs comme :  « j’aime beaucoup l’amertume », « pas trop sucré svp », « je préfère les cocktails à base de gin ». Malgré la précision de son travail, il peut te faire un petit spectacle et te mettre un sourire au visage.

The DIY factor

Faites-vous du vin à la maison ? Avez vous un vignoble ? Pas évident n’est-ce pas ? C’est tout un projet. Mais je suis certain que vous avez de la vodka, un whiskey, du gin, des agrumes, eau et sucre. Voilà pour moi l’explication ultime de la popularité grandissante de la mixologie. N’importe qui avec un peu de passion et un peu de budget peut s’y mettre. C’est gratifiant de faire un bon cocktail pour un invité. Ça vient de toi, c’est comme un cadeau plus personnalisé, auquel tu peux ajouter ta twist. C’est plus interactif que de droper sur la table ta bouteille prise dans l’Espace Cellier.

Question du jour : très simplement, qu’est-ce qui vous attire dans la mixologie ? Cliquez pour commenter.

Lire aussi. :

Cette excellente chronique de Marie-Ève Bourassa dans Urbania où elle explique ce qui, historiquement, a fait mal à la culture cocktail dans les années 70 et 80.

Cheers,