Revue du Gin St-Laurent

Laminaria-longicrurisCeux et celles qui suivent ce blogue auront certainement vu une tendance dernièrement. Mes publications deviennent de plus en plus « gin-centric ». D’autres développements en ce sens sont à venir.

Pour poursuivre dans la même veine, je revois cette fois-ci le gin St-Laurent de la région de Rimouski. Sa particularité (mise à part sa superbe bouteille qui pourrait être un cover de 20 000 lieues sous les mers de Jules Vernes) : le baudrier de Neptune (algues laminaires) du bas-St-Laurent. Ce n’est toutefois pas le premier gin à intégrer ce type d’ingrédient à sa recette. Depuis 2014, la distillerie Dà Mhìle en Écosse infuse un gin avec des algues des plages de Newquay (Cornwall) pendant 3 semaines avant de le refiltrer 3 fois.

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photo tirée de http://www.damhile.co.uk

Par contre le gin St-Laurent lui macère dans les algues et est ensuite passé dans un filtre mécanique pour enlever les particules après 1 semaine. Il a une légère couleur verdâtre distinctive. Certains collègues qui ont pu mettre la main sur les premiers lots m’ont fait part de différences de couleur et de l’apparence des particules dans la bouteille. J’ai pour ma part une bouteille du lot #4 et elle m’apparaît plutôt claire, avec une subtile teinte verdâtre.

Mis à part les algues, les arômates du St-Laurent sont assez classiques : coriandre, casse, angélique, réglisse, citron, orange, cubeb, grains du paradis. Les arômates de base s’apparentent beaucoup aux gins les plus connus de style London Dry. Il est embouteillé à 43 % d’alcool.

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Nez : le côté salin des algues me vient immédiatement. Vous pouvez le sentir à la suite d’un Bombay Sapphire qui a beaucoup d’arômates en commun, pour voir la distinction. Il y a toutefois une pointe d’orange au nez qui annonce une nette différenciation au goût avec le Bombay.

Palais : pour moi l’écorce d’orange était très dominante avec des pointes épicées (poivre et cannelle/casse)

La finale : moyenne, très fraîche, sur le citron et la coriandre.

Je note une tendance à la polarisation en ce moment et sans doute que la sortie des 2 gins du Pied de cochon (matante et mononcle) l’illustre parfaitement. Les gins sont soit très traditionnels et genièvre-first, soit très contemporains et plus expérimentaux. Les distillateurs québecois sont un peu poussés vers l’option contemporaine (ou « new western style ») par soucis de se démarquer à la SAQ. Mais au final c’est bénéfique, parce que ces gins ont le mérite d’amener tranquillement les consommateurs vers le genièvre avec des profils de goût plus facile d’approche. Le Gin St-Laurent fait partie de cette catégorie et est vraiment un superbe produit d’ici dont nous pouvons être fiers.

Suggestions de cocktails

Le gin St-Laurent se boit neat, mais sa fraîcheur ressort beaucoup en Gin Fizz. À essayer… easy avec le soda.

De plus, ce Last Word était particulièrement délicieux :

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Merci à Jean-François Cloutier de la distillerie du St-Laurent d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Voyez les disponibilités en succursales du Gin St-Laurent.

 

 

 

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