Mes highlights de GinapaloozaMTL 2016

La gin frenzy s’est terminée le 11 mai dernier à Montréal et l’aventure se poursuit maintenant à Calgary depuis mercredi dernier jusqu’au 1er juin. J’ai listé pour vous mes faits saillants de l’évènement.

J’ai réussi à amasser 17 étampes sur 30, ce qui est pas mal du tout en vue du tirage, mais je regrette énormément de ne pas avoir essayer les créations du 4ième mur, du Kabinet et du Lab. Ce sont les 3 bars que je n’ai pas pu faire. Leur liste pour ginapalooza semblait excellente. Ceux qui les ont essayé, n’hésitez pas à commenter ici ou sur ma page Facebook.

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Allons-y avec mon top 5 des meilleurs cocktails de ginapaloozaMTL, évidemment parmis ceux que j’ai dégusté :

5. Le Jardin du Park au Bishop & Bagg – Sabrina Mailhot avec le gin Madison Park

Fait partie de la catégorie « t’aimes ou t’aimes pas » peut-être à cause du jus de celeri, mais pour moi ça fonctionnait. Belle frâicheur avec le Cointreau et le citron du Madison Park.

4. Seaword Bound au Wunderbar – Chris Natale avec le gin St-Laurent. 

If you didn’t know, la chartreuse aime les algues de ce gin. Un take végétal sur le Last word, qui fonctionne aussi très bien avec le Romeo’s à cause du match concombre et aneth.

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Seaword Bound

3. Vintage Leaf au 132 Bar Vintage – Jonathan Elbaz avec le Brockman’s gin.

Un mélange éclectique de confiture, de sherry manzanilla et de Cynar pour venir complimenter les baies du Brockman’s. Du bon fruit, bien balancé.

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Vintage Leaf

2. Hollywood Boulevard au 132 Bar Vintage – Jonathan Elbaz avec The Botanist gin

J’étais sceptique. J’avais déjà vu une photo. Mixer du LS Cream ou du Rum Chata avec un tel gin me semblait très étrange. Well folks, it works big time. Le botanist réussi à briller. La beauté de ce cocktail aussi est sa simplicité (3 ingrédients !) que tous devraient reconnaître comme une qualité. C’est pas en lisant le menu que tu devrais être impressionné, c’est quand le drink touche ta langue.

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Hollywood Boulevard

Et le grand gagnant …

Dante de Chez Dallaire – Hugo Dallaire avec le Romeo’s gin.

Le Rimouski et le Secret de Provence étaient aussi excellents chez Dallaire, mais la fraîcheur du Dante avec l’aneth du Romeo’s, le yogourt grec (je suis toujours sceptique avec le yogourt dans les cocktails) et le citron a fait la différence. Un cocktail estival à boire avec avec vos grillades sur le BBQ. So damn good ! Ils vont le garder au menu pour cet été, ce qui est une excellente nouvelle.

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Quelques conclusions…

  • Un beau travail du 132 Bar Vintage et de Chez Dallaire pour leurs créations. Mes 2 endroits favoris lors de l’évènement comme le démontre mon appréciation des cocktails.

 

  • Les gins québécois  Romeo’s et St-Laurent sont exceptionnels pour les mixologues. Les 2 parviennent à faire ressortir la fraîcheur si importante dans les cocktails.

 

  • Ginapalooza offre tellement de chances de gagner facilement des prix que vous seriez crazy de le manquer l’année prochaine ! J’ai gagné 6 prix au total en 1 semaine, et je ne me suis même pas forcé pour les photos et les quiz !
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Ma petite analyse de la carte Inspire.

20151219_114838_002L’humoriste Alexandre Barrette a récemment fait une blague sur la « grosse remise » de 1,13 $ que lui a procuré sa carte Inspire après un achat de 266,25 $ à la SAQ.

J'arrive de la S.A.Q. ou j'ai fait un achat de 266,25$. (C'est quand même un gros achat sérieux)La dame à la caisse:…

Publié par Alexandre Barrette sur 17 décembre 2015

Les avis sont très partagés sur la carte. Et l’humoriste s’est rendu compte que le sujet était assez sensible. On dit que les québecois sont très critiques de la Société des alcools. Je crois que cette situation est un peu normale pour toute société d’État. Moins il y a d’alternatives, plus la critique risque de venir rapidement.

Fidéliser…

Parlons en donc de cette fameuse carte Inspire lancée en octobre dernier. Premier constat, la SAQ n’a pas à fidéliser sa clientèle aux dépens de compétiteurs. Si pour vos achats de livres par exemple, la carte Indigo Chapters pouvait soutirer de la clientèle à Renaud-Bray, la SAQ n’a pas à se soucier de ça. Ceci explique peut-être en partie le faible taux de remise de 0,5 %. La fidélisation pour la SAQ, ça ne peut être qu’une chose : faire en sorte que vous reveniez plus souvent en succursale ou en ligne et augmenter les ventes. Point.

Les données et les points

Plusieurs s’insurgent de donner à la SAQ du data précieux pour leur marketing en retour de si peu. Ce genre de chose ne m’offusque pas personnellement. Si on peut me pousser des produits que j’aime plutôt que du bruit à l’aide de mes données, j’estime que je suis gagnant comme consommateur. Après tout, le seul fait d’être sur les médias sociaux et d’utiliser un moteur de recherche laisse des traces qui permettent aux entreprises de faire votre profil de consommateur. Tout le modèle de publicité sur Facebook est basé là-dessus. Je pense aussi, comme Gary Vaynerchuk, que la majorité des gens veulent que leur data soit utilisé pour de la publicité. Voir à 1:40 de ce court vidéo où il est question d’Ello et de sa philosophie de protection des données.

Mais voilà est-ce que la SAQ réussit à obtenir des données fiables ? Et est-ce vraiment ce qu’elle souhaite faire pour la première année de la carte Inspire. J’en doute fortement. Avec un faible taux de remise et des promotions à chaque semaine sur un nombre limité de produits qui procurent plus de points, ils incitent les consommateurs à se tourner vers les produits qu’elle veut vendre. Résultat : tout le monde achète la même chose, sauf Bertrand qui va à la SAQ Signature et achète pour 2000 $ par mois et n’a pas besoin des promos de la carte.

Alors bienheureux ceux qui défendent la carte en affirmant qu’ils parviennent à amasser beaucoup de points rapidement en focusant sur les produits avec points bonis. Au final toutefois, vous n’achetez seulement que ce que la SAQ souhaite que vous achetez, sans établir votre vrai profil de goût de manière organique. Je doute que le petit formulaire à l’inscription soit suffisant.

Une carte de promotion

Présentement, la carte Inspire est un moteur de promotion et de vente plus qu’une cueilleuse de données pour du remarketing futur. Pratiquement toutes les promotions y sont maintenant associées et il y en a à chaque semaine. Nul doute que certaines données sont très utiles à la SAQ. Je pense par exemple à des données quantitatives par utilisateur et rassemblées par région. Mais ce type de données aide la SAQ pour le développement de ses succursales au Québec, ça n’apporte rien au consommateur.

La carte est encore jeune, il y a sans doute un plan de développement par étape où la première année a surtout comme fonction que les gens s’inscrivent. Je m’inquiète toutefois de ce débalancement en faveur de l’outil de promotion, car il ne faudrait pas que ça soit toujours les mêmes produits mainstream qui soient favorisés. Ce serait très bête, si nous retournions à une situation où l’on perd de la diversité au profit des gros vendeurs et que la cause soit la carte Inspire. De plus, les gens iront peut-être moins s’adresser aux experts en succursales pour se faire conseiller, ce qui est une expérience importante pour la relation avec le client.

Attentes

Je souhaite qu’à moyen terme, la SAQ augmente le taux de remise sur nos achats et diminue le nombre de promotions par semaine qui sont attachées seulement à une poignée de produits précis. En contrepartie, les promotions pourraient plutôt être du type : cette semaine, achetez un vin d’Italie ou un whiskey, et obtenez X points bonis.  Ceci permettrait d’avoir des données plus intègres et donc plus utiles pour la marketing ciblé qui suivra, tout en faisant découvrir des choses aux consommateurs. Tout le monde y gagnerait.

En conclusion, pour le moment, il est vrai qu’une carte c’est mieux que zéro carte, mais si à moyen termes les conséquences sont moindrement nuisibles à la diversité des produits disponibles ou pour les emplois des conseillers, ou si vous ne sentez pas au bout d’un certain temps qu’on a établi un meilleur profil de vous pour vous faire découvrir des nouveaux produits, vous êtes totalement légitimés de laisser tomber ce 0,5 %. Car la carte aura prouvé qu’elle aspire plus qu’elle inspire.  Laissons toutefois un peu de temps à la SAQ, j’ai l’impression que nous serons gagnants au bout du compte.

Boire de façon responsable – le cas Flor de Caña

De retour d’une expérience enrichissante dans les Caraïbes avec ACR-Rum. Évidemment, vous vous attendez peut-être à un récit de voyage ou un exposé sur le rhum. C’était effectivement un merveilleux voyage et il y a plusieurs photos qui en témoignent sur ma page Facebook et mon compte Instagram. J’ai énormément appris pendant mon séjour.

Toutefois si vous êtes un nerd du rhum et voulez en savoir plus, je ne saurais mieux faire que Josh Miller, un blogueur de notre groupe de gagnants ACR. Josh est un vrai passionné et blogue principalement sur ce spiritueux. Il posait les questions les plus pertinentes pendant les visites et a fait un travail journalistique exemplaire. Alors au lieu de vous offrir un sous-produit de ce qu’il fait avec tant d’excellence, je vais plutôt vous recommander d’aller le lire sur Inu A Kena. Vous ne serez pas déçus.

Cela paraîtra Debbie Downer pour certains, mais le sujet que j’ai le goût d’aborder avec vous dans cet article fait en sorte le pont entre ma formation ACR, et un article paru la date de mon retour sur Munchies où il est question du taux de décès alarmant dans la région de Chichigalpa’s au Nicaragua. Les hommes dans la trentaine  de cette région sont affectés depuis plusieurs années par une maladie rénale chronique (CKD) et les scientifiques ont relié la maladie aux conditions de travail dans les champs de canne à sucre. Les longues journées de travail incitées par un mode de paie à la quantité de canne coupée, la chaleur accablante, l’hydratation inadéquate et les breuvages sucrés offerts participent à l’épidémie. Le travail quotidien de ces hommes équivaut à un demi marathon par jour ! Multipliez ça par 5 ou 6 pour une semaine …

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Un homme souffrant de maladie rénale chronique (CKD). Photo par Julio Lopez.

Il me semble que tout ça tombe à point. Avec Authentic Caribbean Rum, WIRSPA veut redonner ses lettres de noblesse au rhum. Mais le focus est surtout sur le produit final. Authenticité, provenance, qualité. Des règles pour empêcher le free-for-all qui mènerait à une dépréciation du spiritueux. Je crois que c’est un mandat louable, mais sans enlever de l’importance à cet aspect, il ne faudrait pas oublier que la noblesse et la réputation passent aussi par la responsabilité sociale. Je n’ai pas de chiffres à l’appui, mais il est assez fréquent que les compagnies qui se soucient plus d’environnement et de conditions de travail ont aussi un grand souci pour la qualité du produit qu’ils offrent aux consommateurs. Simple observation. Ce serait une initiative qui changerait la donne, si ACR-Rum ajoutait des règles en ce sens à leurs critères de marque.

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Photo : Bobby Heugel

Quand on voit ce qui se passe au Nicaragua avec les travailleurs de la canne à sucre, on ne peut faire autrement que de se demander si le fait d’inscrire l’année la plus jeune d’un mélange sur l’étiquette est le plus grand défi de cette industrie. Flor de Caña ne fait pas parti d’ACR, mais c’est un rhum de qualité, une marque prestigieuse et très populaire. Ce cas est peut-être la sonnette d’alarme d’un problème qui affecte l’industrie du rhum à plus grande échelle. Mené par Bobby Heugel du Anvil Bar & Refuge à Houston, des bartenders ont déjà réagi aux États-Unis en arrêtant de servir Flor de Caña à leurs clients.

Il est important de savoir si les rapports de responsabilité sociale d’entreprise sont bien encadrés dans cette industrie, ou si nous faisons face à de l’écoblanchiment (greenwashing). Quand un pays dépend autant d’un secteur précis d’activité économique, les citoyens et travailleurs n’ont souvent pas le gros bout du bâton avec les compagnies qui opèrent. Les audits sont-ils bien faits et couvrent-ils toute la chaîne d’approvisionnement ? Et du point de vue environnemental : est-ce que le CO2 généré par le processus de fermentation est bien géré ?

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L’usine de traitement du CO2 et de CH4 de Demerara Distillers ltd. Directement de l’autre côté de la rue de la distillerie.

Si nous nous posons de plus en plus ces questions pour le contenu de notre assiette et nos biens essentiels, je ne vois pas de raison valable pour que les bartenders et les consommateurs ne se questionnent pas sur ces mêmes enjeux avant de servir ou consommer des spiritueux.

New-LIF-logo-small-english-see-thruLa Isla Foundation est un ONG qui a été créé pour se pencher spécifiquement sur ce problème chez les travailleurs de la canne à sucre. Ce vidéo tiré de leur site web donne une vue d’ensemble à la question :

Suite à l’article de Munchies, Flor de Caña a émis un communiqué qui défend les initiatives de Ingenio San Antonio, la compagnie où elle achète sa mélasse.

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En opposition, je vous dirige vers l’étude de terrain de La Isla Foundation qui test 7 affirmations de Ingenio San Antonio à propos de leurs champs.

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Le débat s’est poursuivi lors des derniers jours et le 13 décembre, Edward Hamilton de Ministry of rum a publié cet article où il offre une position plus nuancé sur Flor de Caña, mentionnant l’apport indéniable de la famille Pelas dans la région.

J’espère amener l’attention un peu sur cet enjeu dans les pays francophones.

Pour le temps des fêtes, je vous invite donc à boire de façon responsable, dans le sens plus large du terme. Indirectement, le mot est valable pour la SAQ aussi dans son offre…

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Bases et principes d’un bar maison pour les petits budgets

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Les essentiels tirés du Difford’s guide en français.

Souvent les guides de cocktails s’ouvrent sur les essentiels du bar. Outils, alcools, jus, garnitures. Et malheureusement j’ai toujours trouvé que ces sections de livre allaient un peu trop « over the top ». Pas pour les bars tools. Là-dessus, j’en conviens, il vaut mieux s’équiper adéquatement avant toute chose. Et il y a des endroits où on peut faire ça très facilement. Mais votre bar maison n’a pas besoin d’avoir tout disponible en tout temps. Évidemment, si vous avez le budget, go for it. Mais pour les autres, vous vous rendrez vite compte qu’il vaut mieux avoir une approche cyclique qui se base sur ces 4 éléments :

1- Vos préférences

Vous êtes celui qui allez le plus consommer les produits que vous achetez. Vous n’êtes pas un commerce. Alors si vous n’aimez aucun cocktail qui contient du DOM Bénédictine, ne vous faîtes pas chier ! C’est un exemple. Par contre si vous évaluez que l’envie d’un Vieux Carré vous prend assez souvent à l’automne ou à l’hiver et que c’est dans la palette de goût de vos invités, ça vaut la peine d’investir. À un quart d’once par cocktail, la bouteille va vous durer longtemps.

2- La saison

C’est l’automne. Pour moi, ça call pour les pommes, le cidre, les old fashioned et les manhattans. On cherche du réconfort. Fini le temps de la vodka melon ou de la sangria blanche. Au fond, si vous voulez avoir des produits frais sous la main et surtout évitez les pertes, tenez-vous en aux produits de saison. Pour le reste, ginger beer, soda, tonic, reportez-vous au point 1. Si le Moscow mule est votre go-to cocktail en soirée, vous voudrez en tenir. Pour votre stock de lime, perso quand l’été achève, je réduis mes achats de limes pour aller un peu plus vers le citron / orange.

3- Vos invités réguliers

Quel est le profil de vos invités ? Learn that and don’t disappoint them. Je trouve ça très gênant de manquer de quelque chose lorsque je reçois. Pour ceux qui seraient entourés de gens qui veulent juste du vin ou de la bière, don’t settle, communiquez votre passion. Souvent ils n’aiment pas les cocktails parce qu’ils ont fait l’erreur d’en commander à une place douteuse. Épatez-les.

4- Tackle your classics along the way

On ne s’attendra certainement pas que votre bar maison soit le lieu idéal pour déguster un mélange avec du jus de yuzu incluant 2 sortes de bitters fait main à Los Angeles, à base de rhum venezuélien rare que vous espérez avoir lors du retour de voyage de votre mère. Y’a plein de bars à cocktails qui se font une fierté de repousser ce genre de limite et de vous offrir des cocktails très sophistiqués avec des produits far fetch. Par contre si Bertrand commande un Martini, sans être picky sur la brand de gin, selon moi tu devrais être capable de lui en faire un bon. Il faut pouvoir servir des classiques pour prétendre avoir son « bar maison ». Je parle de ceux qui sont énormément commandés et connus, peu importe la saison.

Alors on résume ces principes avec un exemple :

pisco_ontarioJ’adore les Pisco sour, alors j’aime bien avoir une bouteille de Pisco chez moi. Des oeufs, tout le monde a ça. Des limes et du sirop simple. Assez basic. Il angosturareste les gouttes de Angostura. Cet amer est disponible à l’épicerie pour une dizaine de dollars. Pas besoin de vous dire que c’est le bitter le plus utilisé et que c’est un must. Vers la fin août – début septembre, c’est le temps des raisins bleus concordes. Mon beau-père a une vigne chez lui. J’ai essayé de mixer du jus de ces raisins avec le pisco et du sirop simple et ce fût un hit avec mes invités.

En août-septembre donc, je capitalise sur ma bouteille de Pisco en répondant à mes 4 critères. La formule : me, my guess, the season and the classics. Vos achats, vos choix, devraient tourner autour de ces principes.

Recette du Pisco Ontario

2 oz Pisco

0,75 oz sirop simple

15 à 20 raisins concordes pilés

Shakez et filtrez finement

Il y a deux choses que je n’ai pas mentionné dans la dernière section. Le budget et la base. Parce que oui, il y a un core d’alcool de base que tout bar maison devrait avoir, et que comme le titre de l’article l’annonçait, je veux vous aider si, comme moi et plusieurs autres, vous êtes sur un budget.

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7 alcools de base à prix raisonnables

Voici donc mes choix, basés sur les prix de la SAQ. Comme règle, je n’ai pas seulement choisi le moins cher. Parfois ça serait trop concéder en termes de qualité.

Avec cette sélection, pour 185 $, vous avez bourbon, rye, vodka, tequila, cognac, rhum et gin. Si vous avez un budget de 200 $, prenez un format plus gros de votre préféré. Vous pouvez voir le détails des prix et sortir directement sur le site de la SAQ via mon mur Pinterest. En partant avec cette solide fondation, vos prochaines étapes seraient de vous procurer des liqueurs et apéritifs selon vos goûts. Le Campari, l’Aperol, le St-Germain et le Cointreau sont des bons choix pour moi. Vous aurez aussi besoin de vermouth rouges et blancs qui ne sont pas très dispendieux.

J’ajouterais aussi que c’est aussi une belle occasion pour les fans de mixo à la maison de tester vos classiques ou des créations. Vous ne risquez pas de gaspiller de l’alcool à haut prix.

 

Question du jour : qu’est-ce que vous aimez boire à l’automne ?

 

 

 

 

 

« Pourquoi tu bois pas ? » or why Marilou can’t be trusted.

25-prohibition2Marilou, 3 fois par jour, la queen du kale et des jus vert mixés dans une cuisine parfaite. You know her. Ils sont 376K à liker sa page Facebook alors il y a de bonnes chances. Plus tôt aujourd’hui elle publiait un billet digne de la ligue de la tempérance. Si je résume : Marilou ne boit pas d’alcool, elle n’est pas plate et elle voudrait que les membres de sa secte (j’exagère, certains ont encore du discernement) se sentent tout aussi à l’aise d’en faire autant s’ils le veulent. Moi je trouve que c’est la justification qui est problématique, et pas qu’un peu !

« (…) un jour, une personne m’a demandé de lui décrire ce « bon plaisir ». J’ai répondu que je buvais pour me détendre, me sentir bien, décrocher, rire davantage, profiter de la vie, me tirer de la gêne et être sur le même « beat » que mes amis lors de nos soirées. C’est en m’écoutant lui répondre que j’ai saisi pour la première fois que mon « bon plaisir » serait tellement moins futile et beaucoup plus grand si j’arrivais à atteindre chacune de ces choses sans consommer d’alcool. »

Les seules raisons invoquées traitent de l’effet de l’alcool. RIEN SUR LE GOÛT. Et c’est la que c’est tellement réducteur, c’est comme ignorer les sommeliers, les microbrasseurs, les mixologues, tous les participants actifs à cette industrie et les réduire à de vulgaire marchands de tous les maux de la planète. Visiblement, à la base, Marilou n’aime pas ça le goût de l’alcool. Ou bien les effets sont tellement incontrôlables pour elle que c’est plus prudent de boire un jus vert !

Je vais aller plus loin un peu, question de balancer les extrêmes un peu. Check this out.

J’aime particulièrement le 2, le 4 et le 5.

2. People who don’t drink aren’t willing to let their guards down.
« There are surely plenty of reasons someone would choose to keep his guard up, but whatever the reason – in a social setting – it often involves that person wanting to stay a wit above everybody else. It makes sense, but at the same time, it feels a bit shady. »

Quelqu’un qui se tient au-dessus de la mêlée alors qu’on est tous là en principe pour lubrifier ce satané lien social. Je suis certain que vous avez déjà été dans cette situation ? C’est pas plaisant. Un drink c’est aussi pour rendre les autres à l’aise. Ça envoie le message : ok baissons un peu la façade veux-tu ?

4. They may become very unpleasant when they’re drunk… which does say a lot about their character.

En fait c’est drôle, parce que Marilou en a peut-être plus dévoilé sur sa personnalité avec cette publication qu’elle a influencé ses followers.

5. How much self-control people have while under the influence gives you a great idea of how much control they have over the rest of their lives.

86ddb30bc7628e337fec6aa1b073d756Pour moi, celle-là, c’est le clou. Je suis d’avis que boire est un art, qu’adapter et maîtriser sa consommation en fonction de la situation est la meilleure manière d’apprécier pleinement l’alcool. Les jeunes développent trop souvent leur relation avec l’alcool avec des cuites, à coups de shooters dégueulasses et de ridicules vodka-Red bull. Si on les habituait à goûter et à apprécier, ils ne sombreraient peut-être pas dans le camp des dry à nous moraliser avec leur teint de graines de chia. Ceci dit, c’est normal d’échouer dans ses tentatives de maîtrise à un jeune âge, et même plus vieux. Certaines situations demandent un petit excès pour être vécues pleinement, et oui, même avec les conséquences du lendemain.

En fait, juste pour atténuer mon propos un peu, c’est pas tant le fait de ne pas boire qui est « plate », c’est surtout d’en ajouter une couche moralisante\message à la planète par dessus. Ça c’est vraiment Debbie the downer. Pas convaincu ? Autre extrait.

« Je pensais aussi aux choses blessantes que je m’étais fait dire, aux choses blessantes que j’avais dites, à mon incapacité d’avoir autant de plaisir sans alcool, au tiers des accidents mortels de la circulation causés par l’alcool, aux tricheries, aux mariages brisés à cause de l’alcool, aux alcooliques qui souffrent, aux enfants qui subissent l’absence psychologique de leur parent à chaque fois, au million de gens qui perdent la vie chaque année à cause de l’alcool, aux partys de famille qui finissent mal à cause de la boisson, et plus encore. »

Sérieusement Kale Queen !? Rendue là, une caisse de bières est comparable à une arme semi-automatique…

CHEERS ! and trust me people, le vice triomphera toujours 🙂

So you want to be a bartender ?

Première des choses, regarde ça !

As-tu de la misère, comme moi, à jongler avec des balles, même juste avec 2 !? Intimidant han !? Bon ok, mon but n’est pas de décourager qui que ce soit avec cet exemple de flair bartending. Je veux juste remettre les pendules à l’heure. Le bartending est une profession en soi et une qui demande beaucoup de skills (à la fois techniques et soft).

Un peu comme dans tous les autres domaines, il y a des ligues majeures et des ligues mineures. Si tu le vois comme une porte de sortie, un plan B ; tu te dis que peu importe ce qui arrivera à l’économie dans le futur, les gens vont toujours boire un pot, c’est loin d’être fou comme approche, mais faut pas s’attendre à finir dans un endroit comme Le Lab ou B1 cocktail bar. Ces bars-là ont du staff dédié, des pros qui maîtrisent et adorent leur craft. Les ligues majeures quoi. Non au lieu de ça, tu vas peut-être finir par gérer un mononc saoul à 2h du matin aux danseuses ou à déboucher des grosses Bleue dans un bar miteux. Il faut donc te positionner.

Si tu fais partie de l’autre gang, celle passionnée mixologie, que tu commences à désigner des cocktails chez vous, tu lis, bâtis ton bar perso tranquillement à la maison,  là faut qu’on se parle. Cet article est pour toi. Peut-être que le flair bartending t’écoeure, tu trouves que c’est un show de boucane inutile pour avoir plus de tip. Toi, c’est les recettes pi ce que ça finit par goûter qui compte. Ouin ok… Hypothèse plausible : t’as flippé des bouteilles chez vous pi oups @#%?#$% ça s’est mal passé. Là t’appliques le mantra de Gary Vaynerchuk : « focus on your strengths, don’t give a fuck about what you suck at ». Hey écoute, j’te respecte pour ça. Pour le reste, soyons honnête, tu es peut-être très bon chez toi, mais très bon chez toi, est-ce que c’est réellement bon ? J’ai le plus grand respect pour les autodidactes. J’en suis un moi-même. Dans un monde où tout évolue si rapidement, la capacité d’apprendre et la curiosité sont les deux moteurs du succès. Reste que si tu veux te challenger et aspirer à plus dans ce milieu-là, sans nécessairement vouloir être bartender (ça peut être d’autres choses), il y a juste une manière : try it. Autre conseil de Vaynerchuk : « become a practitioner » !

1. ITHQ

ITHQ

Il y a un près d’un an, je suis allé à une séance d’information sur le cours de service de bar de l’ITHQ, j’ai vu leurs installations. Dans cette formation, l’ITHQ focus sur le service à la clientèle, la propreté et la maintenance d’un bar, et l’exécution rapide des recettes de cocktails classiques, que les étudiants devront mémoriser. On parle d’un 2-3 mois de cours de soir intensif, ce qui est accommodant si vous avez un emploi 8 à 5. Il en coûte 785 $. Personnellement, ce qui m’a découragé de choisir l’ITHQ, c’est la salle de cours pratique qui était vraisemblablement due pour de sérieuses rénovations. Au moment de cette publication, la rénovations sont peut-être terminées ou en cours. Le responsable du programme nous avait avisé que ça s’en venait.

Avantages : Institution très respectée, bonne réputation.

Désavantages : salle de cours pratique, l’étudiant n’apprend pas dans un vrai bar.

Visitez leur site pour plus de détails ou pour s’inscrire : http://www.ithq.qc.ca/ecole/futurs-etudiants/programmes-detudes/programme/service-de-bar/

2. B1 Bartending school

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Cette école canadienne a une succursale à Montréal. Son créno : être plus près de la réalité des bars et une meilleur préparation au marché du travail. Les cours se donne dans un bar. Le focus est sur la rapidité d’exécution. Le prof est un vrai bartender. Une certification 101 (248$) et une certification Masterclass (388$) sont offertes en plus de modules complémentaires. Les horaires sont flexibles et la formation se donne rapidement. Vous pouvez le faire sur plusieurs ou weekends, ou sur une semaine intensive. B1 Bartending school fait aussi valoir que ses étudiants certifiés ont plus de perspective d’emplois à l’internationale car leur certification est reconnue à travers le monde.

Avantages : apprendre dans le le futur milieu de travail, profs au sommet de leur art, reconnaissance pan-canadienne, horaire flexible et et offre de cours récurrente.

Désavantages : c’est pas vraiment un désavantage, mais plus une remarque. Même si je sais qu’un bartender peut faire beaucoup d’argent avec le tip, tout le pitch : « earn bigger money » fast. Ça m’énerve ! Want really big money, become a broker for fuck sakes !

Site pour plus d’information ou pour s’inscrire : http://www.bartenderone.com/bartendingcoursesmontreal

3. Institute of bartending – Montreal / Toronto / Chicago

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Fondé par Len Fragomeni et dirigé par Chris Natale du Spirithouse dans le Vieux-Montréal, cette école est présente à Toronto et Chicago en plus de Montréal. Le Spirithouse est d’ailleurs le lieu de formation à Montréal. En regardant le détails de la certification sur leur site, je remarque une bonne balance entre la pratique et l’apprentissage des produits. La formation ne coûte que 250$ ce mois-ci exceptionnellement (400$ en temps normal). On te donne tes outils essentiels de bar et un Difford’s guide des cocktails dans le package, ce qui est très bien.

Avantages : très semblable à B1 au niveau du format, outils + guide des cocktails, et plus de dégustation.

Désavantages : se donne en anglais seulement (it looks like it), moins de modules supplémentaires.

site web : http://www.montrealbartending.com/index

J’ai noté ces 3-là pour vous, mais il y en a plein d’autres. Pour ma part, je vais le faire. Quand ? Je l’ignore, mais bientôt. Mes raisons: sortir de ma zone de confort et gagner de la rapidité. Je suis réservé un peu, dans un boulot et un milieu de geeks. Ça ne peut que m’aider à plein de niveaux. Alors au plaisir de s’y rencontrer prochainement !

Question du jour : qu’est-ce qui vous impressionne le plus dans le travail d’un bartender ? Cliquez sur la question pour répondre.

Cheers,

Pourquoi j’aime la mixologie ? Les terrains non-conquis de l’œnologue et le facteur DIY.

Ëtes-vous vin ou cocktail? Commentez!Les terrains non-conquis de l’œnologue.

Comprenez-moi, j’adore le vin, mais goûter et connaître les vins est pour moi une expérience plutôt statique et coinçante. Au resto, je sais que le serveur respecte une étiquette, mais toute cette étape me semble un peu « stiff ». Je ne sais pas quoi choisir, comment gérer l’accord avec mon met, et je connais un faible pourcentage des vins sur la carte. Cette carte m’intimide d’ailleurs. J’ai beau demandé conseil, ce n’est pas vraiment un dialogue. Le serveur, ou le sommelier me « own » complètement, et j’ai toujours l’impression qu’il me faudrait un travail encyclopédique pour vraiment échanger avec lui et apprécier sa suggestion. Je goûte, fais un leap of faith, et suis presque content d’être débarrassé de cette tâche et de prendre mon repas.

À l’inverse, dans un bar à cocktails, l’expérience me semble plus ouverte. Les goûts et odeurs, sans concéder à la subtilité et à la profondeur, sont plus bold et permettent de dialoguer avec le bartender. J’ai plus d’aisance à mettre des mots sur ce que je veux. J’ai de ces ingrédients-là chez moi. La terminologie est accessible. La concoction se fait là-devant toi, pas chez le producteur. Tu peux dire à ton barman des trucs comme :  « j’aime beaucoup l’amertume », « pas trop sucré svp », « je préfère les cocktails à base de gin ». Malgré la précision de son travail, il peut te faire un petit spectacle et te mettre un sourire au visage.

The DIY factor

Faites-vous du vin à la maison ? Avez vous un vignoble ? Pas évident n’est-ce pas ? C’est tout un projet. Mais je suis certain que vous avez de la vodka, un whiskey, du gin, des agrumes, eau et sucre. Voilà pour moi l’explication ultime de la popularité grandissante de la mixologie. N’importe qui avec un peu de passion et un peu de budget peut s’y mettre. C’est gratifiant de faire un bon cocktail pour un invité. Ça vient de toi, c’est comme un cadeau plus personnalisé, auquel tu peux ajouter ta twist. C’est plus interactif que de droper sur la table ta bouteille prise dans l’Espace Cellier.

Question du jour : très simplement, qu’est-ce qui vous attire dans la mixologie ? Cliquez pour commenter.

Lire aussi. :

Cette excellente chronique de Marie-Ève Bourassa dans Urbania où elle explique ce qui, historiquement, a fait mal à la culture cocktail dans les années 70 et 80.

Cheers,