Mes highlights de GinapaloozaMTL 2016

La gin frenzy s’est terminée le 11 mai dernier à Montréal et l’aventure se poursuit maintenant à Calgary depuis mercredi dernier jusqu’au 1er juin. J’ai listé pour vous mes faits saillants de l’évènement.

J’ai réussi à amasser 17 étampes sur 30, ce qui est pas mal du tout en vue du tirage, mais je regrette énormément de ne pas avoir essayer les créations du 4ième mur, du Kabinet et du Lab. Ce sont les 3 bars que je n’ai pas pu faire. Leur liste pour ginapalooza semblait excellente. Ceux qui les ont essayé, n’hésitez pas à commenter ici ou sur ma page Facebook.

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Allons-y avec mon top 5 des meilleurs cocktails de ginapaloozaMTL, évidemment parmis ceux que j’ai dégusté :

5. Le Jardin du Park au Bishop & Bagg – Sabrina Mailhot avec le gin Madison Park

Fait partie de la catégorie « t’aimes ou t’aimes pas » peut-être à cause du jus de celeri, mais pour moi ça fonctionnait. Belle frâicheur avec le Cointreau et le citron du Madison Park.

4. Seaword Bound au Wunderbar – Chris Natale avec le gin St-Laurent. 

If you didn’t know, la chartreuse aime les algues de ce gin. Un take végétal sur le Last word, qui fonctionne aussi très bien avec le Romeo’s à cause du match concombre et aneth.

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Seaword Bound

3. Vintage Leaf au 132 Bar Vintage – Jonathan Elbaz avec le Brockman’s gin.

Un mélange éclectique de confiture, de sherry manzanilla et de Cynar pour venir complimenter les baies du Brockman’s. Du bon fruit, bien balancé.

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Vintage Leaf

2. Hollywood Boulevard au 132 Bar Vintage – Jonathan Elbaz avec The Botanist gin

J’étais sceptique. J’avais déjà vu une photo. Mixer du LS Cream ou du Rum Chata avec un tel gin me semblait très étrange. Well folks, it works big time. Le botanist réussi à briller. La beauté de ce cocktail aussi est sa simplicité (3 ingrédients !) que tous devraient reconnaître comme une qualité. C’est pas en lisant le menu que tu devrais être impressionné, c’est quand le drink touche ta langue.

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Hollywood Boulevard

Et le grand gagnant …

Dante de Chez Dallaire – Hugo Dallaire avec le Romeo’s gin.

Le Rimouski et le Secret de Provence étaient aussi excellents chez Dallaire, mais la fraîcheur du Dante avec l’aneth du Romeo’s, le yogourt grec (je suis toujours sceptique avec le yogourt dans les cocktails) et le citron a fait la différence. Un cocktail estival à boire avec avec vos grillades sur le BBQ. So damn good ! Ils vont le garder au menu pour cet été, ce qui est une excellente nouvelle.

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Quelques conclusions…

  • Un beau travail du 132 Bar Vintage et de Chez Dallaire pour leurs créations. Mes 2 endroits favoris lors de l’évènement comme le démontre mon appréciation des cocktails.

 

  • Les gins québécois  Romeo’s et St-Laurent sont exceptionnels pour les mixologues. Les 2 parviennent à faire ressortir la fraîcheur si importante dans les cocktails.

 

  • Ginapalooza offre tellement de chances de gagner facilement des prix que vous seriez crazy de le manquer l’année prochaine ! J’ai gagné 6 prix au total en 1 semaine, et je ne me suis même pas forcé pour les photos et les quiz !
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Ginapalooza – 27 avril au 11 mai

logo62-ginapaloozaCe soir, le volet montréalais de la 2ième édition de Ginapalooza débute ses festivités. Le festival pancanadien a été créé pour supporter nos excellents distillateurs locaux de gin, de même que les établissements et bartenders qui mettent en valeur ce spiritueux à travers leurs créations.

Si vous trouvez que l’attente au 10 mai pour Invasion cocktail est longue, vous avez d’ici là l’occasion pendant 2 semaines de visiter les bars participants et de goûter certains des 30 cocktails utilisant les marques de gin associées avec l’évènement : Beefeater London Dry Gin, Boodles British Gin, The Botanist Gin, Brockman’s Premium Gin, Bulldog London Dry Gin, Caorunn Small Batch Scottish Gin, Hendrick’s Gin, Madison Park London Dry Gin, Romeo’s Montreal Dry Gin et St. Laurent Gin

Assurez-vous de demander votre G-Pass dans un de ces 10 bars participants  :

Pour savoir quelle marque sera en vedette dans quels établissements, cliquez sur les logos sur cette page.

Les étampes que vous accumulerez dans votre G-Pass augmenteront vos chances de gagner un voyage à Londres pour y visiter la célèbre distillerie Beefeater !  De plus, plusieurs autres concours ont lieu pendant les 2 semaines. Vous n’avez qu’à suivre les comptes de Ginapalooza Montréal sur Instagram, Twitter et Facebook et rester à l’affût.

Pour plus de détails sur les manières de gagner des prix visitez la page how-to-palooza sur le site de l’évènement.

Alors au plaisir de se croiser autour d’un cocktail à base de gin. Et faites-vous aller le hashtag #ginapaloozamtl.

C’est parti !

Revue du Gin St-Laurent

Laminaria-longicrurisCeux et celles qui suivent ce blogue auront certainement vu une tendance dernièrement. Mes publications deviennent de plus en plus « gin-centric ». D’autres développements en ce sens sont à venir.

Pour poursuivre dans la même veine, je revois cette fois-ci le gin St-Laurent de la région de Rimouski. Sa particularité (mise à part sa superbe bouteille qui pourrait être un cover de 20 000 lieues sous les mers de Jules Vernes) : le baudrier de Neptune (algues laminaires) du bas-St-Laurent. Ce n’est toutefois pas le premier gin à intégrer ce type d’ingrédient à sa recette. Depuis 2014, la distillerie Dà Mhìle en Écosse infuse un gin avec des algues des plages de Newquay (Cornwall) pendant 3 semaines avant de le refiltrer 3 fois.

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photo tirée de http://www.damhile.co.uk

Par contre le gin St-Laurent lui macère dans les algues et est ensuite passé dans un filtre mécanique pour enlever les particules après 1 semaine. Il a une légère couleur verdâtre distinctive. Certains collègues qui ont pu mettre la main sur les premiers lots m’ont fait part de différences de couleur et de l’apparence des particules dans la bouteille. J’ai pour ma part une bouteille du lot #4 et elle m’apparaît plutôt claire, avec une subtile teinte verdâtre.

Mis à part les algues, les arômates du St-Laurent sont assez classiques : coriandre, casse, angélique, réglisse, citron, orange, cubeb, grains du paradis. Les arômates de base s’apparentent beaucoup aux gins les plus connus de style London Dry. Il est embouteillé à 43 % d’alcool.

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Nez : le côté salin des algues me vient immédiatement. Vous pouvez le sentir à la suite d’un Bombay Sapphire qui a beaucoup d’arômates en commun, pour voir la distinction. Il y a toutefois une pointe d’orange au nez qui annonce une nette différenciation au goût avec le Bombay.

Palais : pour moi l’écorce d’orange était très dominante avec des pointes épicées (poivre et cannelle/casse)

La finale : moyenne, très fraîche, sur le citron et la coriandre.

Je note une tendance à la polarisation en ce moment et sans doute que la sortie des 2 gins du Pied de cochon (matante et mononcle) l’illustre parfaitement. Les gins sont soit très traditionnels et genièvre-first, soit très contemporains et plus expérimentaux. Les distillateurs québecois sont un peu poussés vers l’option contemporaine (ou « new western style ») par soucis de se démarquer à la SAQ. Mais au final c’est bénéfique, parce que ces gins ont le mérite d’amener tranquillement les consommateurs vers le genièvre avec des profils de goût plus facile d’approche. Le Gin St-Laurent fait partie de cette catégorie et est vraiment un superbe produit d’ici dont nous pouvons être fiers.

Suggestions de cocktails

Le gin St-Laurent se boit neat, mais sa fraîcheur ressort beaucoup en Gin Fizz. À essayer… easy avec le soda.

De plus, ce Last Word était particulièrement délicieux :

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Merci à Jean-François Cloutier de la distillerie du St-Laurent d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

Voyez les disponibilités en succursales du Gin St-Laurent.

 

 

 

Revue du gin Canopée

Entre l’ITHQ et mon boulot actuel, je n’ai pas encore trouvé un weekend pour rendre visite à la distillerie Mariana à Louiseville.  J’ai quand même acheté une bouteille à sa sortie récente en SAQ, curieux de découvrir les arômes derrière l’appellation « Gin Forestier ».

D’entrée de jeu, je vous le dis, je commence à être sérieusement impressionné par les gins du Québec. Ils ont du caractère et sont bien faits. Ils n’ont absolument rien à envier aux gins de mother England ou de nos voisins du sud. Mais comme n’importe quel trend, il y en a qui embarque parce que ça marche et qui surf sur la vague que les autres ont créé. Serait-ce le cas du Gin Canopée ? Allons-donc au vif du sujet.

Canopée Premium Gin Forestiergin canopée

40 % ABV. Gin Contemporain.

Botanicals : genièvre, épinette noire, thuya, bois d’érable, bois de chêne.

Nez :  bois et genièvre, quelques notes de vanille

Palais : bois Chêne et vanille plus présente

Finale : medium à longue, très enveloppante, boisée avec soupçon d’érable

C’est vraiment la souplesse et la délicatesse de ce gin qui m’a le plus étonné. Ses ingrédients botaniques de la forêt annonçaient pour moi un gin puissant, corsé, difficile à boire tout seul. Or, ce n’est pas le cas du tout. Ce gin est un pur bonheur neat, comme un bon rhum ou un bon whiskey. D’ailleurs, ses notes de bois et de vanille vont certainement conquérir des palais habitués à ces spiritueux. Bonne porte d’entrée donc pour ce type de clientèle qui voudrait s’initier au gin.

Son profil boisé unique le rend intéressant en dehors des classiques du gin, dans des recettes normalement réservées au whiskey. Je vois beaucoup de potentiel à la création pour les bartenders.


Suggestion de cocktail
: Gin Old Fashioned

Voici ma version adaptée spécifiquement pour ce gin :

70 ml Canopée

10 ml Sirop d’érable

Déco : Fraises sur un pic

Petit ajout intéressant : remuez votre old fashioned au préalable avec quelques fraises congelées en plus de la glace. L’érable aime la fraise, et les deux se marient superbement au Canopée.

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G&T anyone ?

J’ai testé avec quelques tonics. Le Canopée s’agence très bien en général en G&T, mais je l’ai trouvé particulièrement intéressant avec le Fever-Tree méditerranéen qui est très floral.

J’aimerais féliciter Jonathan Couturier et Jean-Philippe Roussy pour leur travail et leur persévérance. Je ne serais pas surpris de les voir gagner des prix dans les années à venir.

Alors ne tardez pas, 35 $ j’estime que c’est une véritable aubaine pour ce gin d’exception.

 

Les pionnières du rhum authentique.

Avec la passion et la créativité des femmes qui sont de plus en plus présentes dans l’assemblage, nous pouvons désormais dire que le rhum est non seulement un spiritueux varié, mais aussi une industrie diversifiée.

Les rhums de la marque ACR ont la chance de compter dans leurs rangs des pionnières du rhum, des modèles inspirants pour toutes celles qui désirent travailler dans cette industrie.

16 d’entre-elles ont répondu aux questions de ACR au sujet de leur parcours professionnel, de l’évolution de la place des femmes dans l’industrie, ce qu’elles apportent de différent à celle-ci ainsi que leur vision du rhum. Voici leurs témoignages :


Amanda Perdomo

Amanda Perdormo Directrice du développement des affaires à Travellers Liquor.

Amanda est impliquée dans l’industrie du rhum depuis près de 30 ans. Elle est l’une des 35 femmes sur 72 employés chez Traveller’s liquor et l’une des 4 femmes travaillant dans un poste de cadre.

Faisant partie de la famille qui a fondé la compagnie, elle conçoit qu’il y a de véritables avantages à avoir des femmes dans cette industrie : «les femmes ont un souci du détail et sont excellentes pour résoudre des problèmes et analyser des processus. » Pour Amanda, la présence des femmes dans l’industrie dans des fonctions moins traditionnelles suit le rythme de l’intérêt des femmes pour la science. La production de rhum se fie de plus en plus à la science et devient de plus en plus technique.

 

Candace Browne 1 HR ManagerCandace Brown Directrice des ressources humaines chez Mount Gay Distillers

Candace travaille dans l’industrie du rhum depuis 2007. « Je travaillais comme directrice RH pour la plus grande compagnie de breuvages en Barbades et j’ai été attiré par Mount Gay parce que c’est un produit emblématique du pays. »

Selon elle, l’industrie du rhum devient de moins en moins une industrie d’hommes. Chez Mount Gay par exemple, 40 % des employés sont des femmes (50 sur 115) et 5 d’entre-elles ont des postes de cadre. Elle est d’avis que les femmes apportent « une attention aux détails, de la finesse, une perspective orientée sur la qualité et naturellement un touche humaine à l’industrie du rhum. »

« Le rhum est originaire de Barbades, alors il est cher au cœur des gens des Caraïbes ; il fait partie des repas, des fêtes, et des occasions spéciales. C’est le spiritueux des célébrations. Si d’autres spiritueux ont la réputation de cibler plus les hommes, le rhum lui est très inclusif, dans l’esprit des Caraïbes, il se boit en famille, comme le rhum punch ».

Carol HomerCarol Homer Directrice, Operations en laboratoires, Développement de produits et Systèmes de qualité chez Angostura Ltd

Carol est dans l’industrie du rhum depuis 20 ans. Elle a débuté en 1995 en dirigeant les opérations en laboratoire, qui impliquaient le contrôle de qualité. «En 1999-2001, à la tête du développement de produit, j’ai développé les mélanges qui allait couvrir notre portée internationale : Angostura 1919, Angostura 1824, le 5 ans Gold, le 7 ans Dark et le Rhum Blanc Réserve. Les femmes ont des rôles clés chez Angostura depuis les 37 dernières années. Par exemple, Vidia Doodnath a commencé dans le laboratoire, à faire de l’assemblage, puis aux opérations techniques comme directrice exécutive durant une carrière de 37 ans chez Angostura avant de prendre sa retraite en 2014. Les femmes dans l’industrie sont très respectées. »

Un total de 120 femmes sur 328 employés travaillent présentement pour Angostura, et 15 d’entre-elles ont des rôles clés de leaders. Ce n’est pas surprenant puisque « les femmes amènent l’équilibre, la romance, l’innovation et la passion dans la production du rhum » selon Carol. «  Tout spécialement les chimistes, car nous sommes excellentes pour assembler, analyser et corriger jusqu’au point de perfection. La plupart des femmes commencent au contrôle de qualité, pour ensuite faire l’assemblage et éventuellement devenir ambassadrice.»

Concernant l’attrait qu’ont les consommatrices pour le rhum, Carol considère que la clé est la polyvalence : « les femmes peuvent apprécier plus facilement le rhum car il est moins un goût qui s’acquiert. Selon mon expérience avec le bourbon, le whiskey, le gin, le cognac ou le brandy, ils ont tous un caractère et un goût très masculin et particulièrement pour un palais des Caraïbes. »

Christelle HarrisChristelle Harris Directrice du marketing à Hampden Estate.

Christelle œuvre dans l’industrie du rhum depuis 4 ans. Selon elle, l’industrie n’est pas exclusive : « mon introduction au monde des spiritueux a été complètement inclusive. J’ai rencontré des femmes dans l’industrie qui sont hautement respectées, voire vénérées par les connaisseurs (femmes et hommes). Une fois que votre interlocuteur sait que vous parlez vous aussi le langage des spiritueux, votre maîtrise est tout ce qui compte à la fin. »

Christelle a simplement choisi d’ignorer la stigmatisation : «dans notre industrie, les jours sont comptés où d’importantes barrières étaient faites aux femmes. C’est à nous de réaliser que les opportunités sont bien présentes. Il y a une multitude de ressources et de personnes qui sont disponibles et veulent t’aider à faire ton travail de manière plus efficace et efficiente. »

Chez Hampden Estate, il y a une parité parfaite. 20 employés sur 40 sont des femmes. 4 d’entre-elles sont dans des postes de cadre. De son avis, les femmes ont tendance à mieux comprendre l’importance de la tradition, ne craignent pas de se réinventer et ont l’habileté de survivre dans n’importe quel environnement. Saisir cet équilibre est une tâche ardue qui ne se termine jamais, mais les femmes semblent avoir un meilleur instinct pour la réaliser. »

Au cours des dernières décennies, «  les femmes se sont rendues compte qu’il y avait une place pour elles dans cet environnement autrefois dominé par des hommes. Cet intérêt va continuer de s’accroître. »

Evita Maitland Assistance-directrice de Laboratoire à Grenada Distillers Ltd.

Travaillant pour la compagnie depuis plus d’un an maintenant, Evita pense que « traditionnellement, les hommes ont occupé des positions plus hautes dans l’industrie du rhum, et l’idée selon laquelle les femmes n’auraient pas leur place dans ces mêmes rôles est une barrière à abattre. »

Evita croit que « les femmes amènent une nouvelle perspective au rhum en ce qui a trait aux formules, au goût, et à l’esthétique ; de plus le milieu évolue en intégrant de plus en plus de femmes. »

Son conseil aux femmes qui souhaiteraient joindre l’industrie est « d’être consciente que vous entrez dans un milieu d’hommes, mais en gardant l’assurance que vous y avez pleinement votre place et que pouvez contribuer grandement avec vos qualités et vos idées. »

Jassil-Villanueva.jpgJassil Villanueva Maître de rhum à Brugal & Co.

 Jassil a officiellement fait ses débuts avec Brugal en 2010, mais elle est impliquée dans l’industrie du rhum depuis son enfance. « Mon père fait partie de la 4ième génération de la famille Brugal, et il travaille pour la compagnie depuis plus de 20 ans. J’ai grandi dans le monde du rhum. Au collège, j’ai travaillé comme stagiaire dans les opérations de la compagnie. »

Jassil est la première femme à devenir Maître de rhum chez Brugal. Elle dit être “la seule femme dans la famille à avoir postulé pour la position. Devenir Maître de rhum ne fût pas un concours de circonstances. Ce fût un long processus de plusieurs mois où j’étais en constante évaluation sous la supervision des Maîtres. J’ai fait des dégustations de rhums à l’aveugle et de l’échantillonnage pour aiguiser mes sens de l’odorat et du goût. »

Même si le rhum est un monde traditionnellement masculin, Jassil admet que les portes se sont ouvertes aux femmes lors des dernières années et que plusieurs d’entre-elles ont maintenant des responsabilités accrues pour de grandes marques. « Le monde de la distillation n’est plus exclusif aux hommes, et il a maintenant un côté féminin. »

De son point de vue, l’industrie des spiritueux a évolué dans le même sens que l’époque où nous vivons, et les seules barrières dans nos vies sont celles que l’on s’impose soi-même. »

Jassil est l’une des 156 femmes qui travaillent chez Brugal & Co, où 21 d’entre-elles occupent un poste de cadre. Elle trouve l’apport des femmes dans le milieu du rhum très important : « les femmes offrent une touche de délicatesse. La science a prouvé que le l’odorat d’une femme est meilleur que celui des hommes et leur travail permet d’explorer de nouvelles avenues avec les produits et saveurs. Le rhum produit par les femmes ajoute une touche spéciale qui le rend plus attrayant. J’en suis venu à la conclusion que le côté féminin du rhum est fascinant. Nous avons toujours été présentes dans l’industrie et nous devenons de plus en plus proactives. »

Joy Spence 1.jpgJoy Spence Maître de l’assemblage à Appleton Estate (JJ Wray and Nephew Ltd)

Joy est une experte de renommée internationale et travaille dans l’industrie du rhum depuis 34 ans. « J’ai étudié pour obtenir une Maîtrise en chimie analytique au Royaume-Uni. Quand je suis retournée en Jamaïque, j’ai enseigné la chimie et puis j’ai décidé de quitter le milieu académique pour travailler dans le secteur privé. J’ai joins J. Wray & Nephew Ltd comme Chimiste en chef en 1981 où j’ai travaillé étroitement avec le Maître de l’assemblage de l’époque : Owen Tulloch. Cela m’a permis d’étudier son art et je fus affecté à son poste au moment de sa retraite. Tout ça remonte à 1997 et à cette époque je devenais la première femme Maître de l’assemblage au monde dans l’industrie des spiritueux. Il fut un temps où cette industrie était dominée par les hommes, mais les temps changent et en fait J. Wray & Nephew Ltd ont un pourcentage plutôt élevé de femmes qui y travaillent, et je pense que c’est merveilleux. »

Joy affirme ne s’être jamais soucié de la question du sexe puisqu’elle était confiante d’avoir les habiletés techniques et créatives pour faire son travail. Pour elle la seule barrière de l’industrie, c’est que les gens ne sont pas informés de la variété de postes où l’on peut œuvrer dans le rhum. C’est aux femmes de l’industrie de montrer aux jeunes générations toutes les possibilités qui sont offertes. « J’essaie de faire ma part en donnant des séminaires de motivation et de choix de carrière dans les écoles en Jamaïque. »

En termes de consommation, Joy pense que le rhum est le spiritueux le plus polyvalent et le plus accessible au monde. « Vous pouvez déguster le rhum avec un simple allongeur, dans un cocktail sophistiqué, ou bien pur, où vous pourrez apprécier la complexité de ses arômes et saveurs. »

Margaret MonplaisirMargaret Montplaisir Directrice à St.Lucia Distillers Ltd.

Margaret est dans l’industrie du rhum depuis 30 ans. À St. Lucia Distillers, un tiers des 150 travailleurs sont des femmes et 9 d’entre-elles sont dans des postes de cadre. « Mon introduction à l’industrie a commencé lorsque je travaillais pour une compagnie de distribution, Barbay Ltd. Au bout d’un certain temps, la distillerie a intégré Barbay Ltd. dans ses opérations. Mon équipe a dû acquérir une profonde connaissance du rhum afin de bien le vendre. Nous avons acquis une compréhension des processus de la canne à sucre jusqu’à l’embouteillage et avons pu faire grandir une marque qui se mourrait en un meneur sur le marché. En m’appuyant sur ma connaissance de l’industrie, j’ai gravi les échelons en devenant d’abord Directrice commerciale et ensuite Directrice en charge de l’administration et autres secteurs d’activités. Mon développement m’a permis d’apprécier tout le travail derrière la création d’une bouteille d’un rhum de qualité. »

Margaret pense que « traditionnellement, les hommes ont gravité autour de cette industrie plus que les femmes, mais qu’il y a un changement qui s’opère. Plus de femmes entrent dans le milieu et la main d’oeuvre est plus diversifiée, tout particulièrement dans les secteurs techniques. Plus de femmes travaillent dans les laboratoires et dans les départements de contrôle de qualité. Leur confiance grandit et leur besoin de contribuer dans une industrie d’hommes devient plus apparent. »

Pour Margaret, « il n’y a pas de véritables barrières qui empêchent les femmes de travailler dans l’industrie du rhum, et d’apporter leur soucis du détail si important pour le contrôle de qualité. Elles amènent une polyvalence au produit et à la marque avec des idées innovantes pour le rhum, en plus d’une conception non-traditionnel de l’emballage, de l’équilibre travail/famille, et une approche plus douce qui améliore les conditions de travail des employés. »

Selon Margaret, les femmes ont toujours été impliquées dans l’industrie du rhum, mais elles étaient autrefois à l’arrière-plan. Aujourd’hui les femmes possèdent et dirigent les distilleries et sont les visages de leur compagnie.

Melissa BrowneMelissa Browne Spécialiste de lassurance qualité à West Indies Rum Distillery Ltd.

Melissa travaille dans l’industrie du rhum depuis 9 ans dans une compagnie qui compte 16 femmes sur 53 travailleurs. Melissa a le sentiment que même si le rhum est un milieu d’hommes, il y a plusieurs percées faites par les femmes : je travaille avec plusieurs femmes qui contribuent de manière significative à la compagnie avec leurs propres idées et initiatives. De plus, il y a 4 postes de cadres dans notre compagnie et 2 de ces postes sont occupés par des femmes. »

Pour Mélissa, « la contribution des femmes ouvre l’industrie à un marché qui représente la majorité de la population. Il y a toujours de la place pour les spiritueux forts, mais les femmes apportent une dynamique plus agréable au goût et plus sociable. Le rhum est un spiritueux en évolution et les femmes laissent maintenant leur marque dans l’industrie. »

Elle croit que l’histoire-même du rhum est ce qui le rend si spécial. Chaque territoire a une histoire unique qui est liée au rhum, et tout spécialement les Caraïbes. »

Moya LambertMoya Lambert Directrice technique pour Antigua Distillery Ltd.

Moya travaille dans l’industrie du rhum depuis 11 ans. Son père a aussi travaillé dans l’industrie, et le rhum faisait partie de la famille. Elle est l’une des 3 femmes dans un poste de cadre sur une compagnie de 50 employés. « Le rhum est encore un monde d’hommes, toutefois ce n’est pas un véritable problème. » Moya soutient qu’elle a toujours été capable de s’adapter, et que le travail dans l’industrie n’a jamais été un problème pour elle, ou pour n’importe quelle femme, « il n’y a pas vraiment de barrières qui empêchent les femmes de travailler dans l’industrie du rhum. Les femmes ont une perspective différente par rapport au goût et porte plus d’attention à l’aspect qualité comparativement aux hommes. Nous amenons quelque chose de différent, de la valeur ajoutée d’une autre manière. »

Selon Moya les femmes ont toujours été impliquées dans l’industrie et il y en a de plus en plus qui s’y joignent. C’est un fait qui se constate lors des rencontres régionales et dans les secteurs de leadership.

Selon elle, le fait que le rhum provienne des Caraïbes est un aspect clé de ce spiritueux. Il a une grande histoire liée à celle des Caraïbes et il est bien sûr un spiritueux remarquable. Pur, en daiquiri, ou simplement avec du ginger ale. »

Phillipa GreavesPhillippa Greaves Directrice des exportations et des promotions à St.Vincent Distillers Ltd.

Faisant partie de la famille du rhum, Phillippa a commencé à travailler dans l’industrie il y a 11 ans. Selon elle, les spiritueux sont encore un monde d’hommes. « Toutefois la tendance change et les femmes sont plus impliquées. Ayant vécue 24 ans en Australie, là où l’idée d’égalité des chances en milieu de travail était adoptée, et où les femmes ont accès à des postes dans la machinerie lourde, la construction ou les mines, j’ai intégré l’idée qu’il n’y a aucune raison valable pour empêcher les femmes de participer activement dans le monde des spiritueux ». Ce positivisme fait son chemin dans l’industrie du rhum selon Phillipa, qui affirme qu’ « il n’y a pas du tout de barrières pour les femmes qui travaillent dans le rhum. »

Phillippa travaille dans une compagnie où 6 des 27 employés sont des femmes et 2 d’entre-elles occupent des postes de cadre. Pour elle, les femmes et les hommes amènent chacun leurs avantages et leur perspective différente à l’industrie, mais le rôle des femmes est nouveau et grandit depuis 20 ans.

Pour Phillippa le rhum est un breuvage spécial pour plusieurs raisons : le fait qu’il soit né dans les Caraïbes, son histoire et son attrait pour plusieurs types de consommateurs. « Hommes, femmes, fort, doux, le rhum peut s’adapter au goût de n’importe qui. »

Rieke WirjabesariRieke S. Wirjabesari – Chef de l’assemblage à Suriname Alcoholic Beverages N.V

Rieke travaille dans le rhum depuis plus de 24 ans. « En 1991, à l’école secondaire, je devais réaliser un projet chez Suriname Alcoholic Beverages(SAB) en faisant des recherches sur l’influence du pH et de la température dans les 3 stades du processus de production d’alcool. Après avoir gradué, j’ai commencé à travailler chez SAB. »

Au sujet du role des femmes dans le rhum, Rieke affirme qu’il n’y a pas de barrières, mais des défis, puisque les spiritueux sont traditionnellement associés aux hommes. « Ça fait en sorte qu’on apprend sur soi et ce qu’on est capable d’accomplir. »

SAB emploie 36 femmes sur 104 travailleurs, et il y a une parité parfaite dans les rôles de direction. « Les femmes amènent de la passion à l’industrie. Nous sommes positives, j’aime et j’apprécie mon travail et je suis reconnaissante pour tout sur mon parcours. »

Le processus de vieillissement est l’une des choses qui rend le rhum spécial selon Rieke, de même que son profil plus léger en comparaison avec avec les sprititueux plus costauds comme le brandy et whisky. « J’aime le rhum avec du Coca-cola ou allongé avec du jus, et un cocktail avec du rhum léger. »

Sarina Ortiz -Ron Barcelo-Sarina Ortiz Directrice marketing à Barceló Export Import, SRL.

Sarina travaille dans l’industrie du rhum depuis 10 ans. « Après avoir travaillé dans le secteur financier pendant 2 ans, j’ai quitté la Répuplique Dominicaine pour étudier en Espagne; par la suite, un poste d’assistant en marketing s’est ouvert et  j’ai trouvé le défi intéressant : une compagnie dominicaine de rhum avec des partenaires espagnols et la vision à long terme de devenir une marque reconnue sur le marché international. 10 ans plus tard je suis fière de dire que j’ai fait partie de cette quête. »

Sarina ne pense pas que le rhum soit un monde d’hommes depuis quelques années. «Je crois qu’en tant que femmes, nous amenons un point de vue excitant à toute l’industrie. Les spiritueux sont devenus plus accessibles pour les consommateurs de nouvelles générations, hommes et femmes, et il faut avoir une perspective de l’intérieur. »

Faisant partie d’une compagnie qui engage 157 employés, dont 44 femmes (5 dans des postes de direction), Sarina affirme n’avoir jamais rencontré de barrières faites aux femmes. « Lorsque vous prouvez vos aptitudes comme professionnelle, vous découvrez que vos pairs veulent collaborer avec vous sans égard à votre genre. Je crois avoir amené une touche féminine et une certaine audace dans mon milieu de travail. »

D’après elle, l’histoire derrière le rhum est bien liée à sa naissance dans les Caraïbes. Quand vous pensez au rhum, vous vous transportez immédiatement dans un lieu, un moment, une expérience. Le rhum Barceló est rempli de traditions, d’héritage et d’élaboration artisanale combinés avec des techniques industrielles, l’innovation et le design. En tant que catégorie, le rhum est un spiritueux polyvalent, avec une grande variété de produits qui s’accordent à tous les palais, âges, et goûts particuliers ; des rhums blancs et dorés pour les cocktails aux rhums d’exceptions et âgés à siroter. »

Sharon Sue HangSharon Sue Hang Maître de l’assemblage à El Dorado Rums et Directrice technique pour Demerara Distillers Ltd.

Sharon travaille pour Demerara Distillers Ltd depuis près de 20 ans. «  j’ai commencé ma carrière comme chimiste dans l’organisation et c’était naturel pour moi de travailler avec El Dorado. En tant que chimiste, je suis arrivé avec le bon bagage connaissances techniques. J’ai appris à mélanger en suivant les traces des maîtres précédents et j’ai acquis une compréhension des particularités inhérentes à El Dorado avec leur mentorat. À travers tout cela j’ai aiguisé mon habileté naturelle à identifier très rapidement les profils de goût et à distinguer les nuances dans les saveurs. »

Sharon pense que “les femmes ont un meilleur nez pour ce type d’emploi. Dans ma compagnie, on ne m’a pas fait sentir différente d’aucune manière parce que j’avais un poste traditionnellement occupé par des hommes. J’ai appris sous les ailes de collègues expérimentés. Nous nous respectons les uns les autres dans nos rôles et fonctions sans égard au genre. »

En outre, elle ne pense pas qu’il y ait des barrières empêchant les femmes de travailler dans l’industrie du rhum. « En fait selon moi il n’y a pas de barrières dans aucun domaine. Les femmes doivent être fortes mentalement et émotionnellement et ne pas attendre de faveur en raison de leur statut. Même si je ne suis peut-être pas assez forte pour soulever un tonneau de rhum, je peux quand même grimper sur n’importe quel réservoir et trouver mon chemin dans l’entrepôt de barils et de cuves. »

Environ 35 % des 1200 employés à Demerara Distillers Ltd. sont des femmes et 4 d’entre-elles ont des postes de direction (sur les 10 postes). « Les femmes amènent de la finesse et un souci du détail dans la conception du rhum ; en plus d’avoir une perspective unique dans une industrie dominé autrefois par les hommes. Nous avons été impliquées depuis longtemps dans le rhum, mais pas dans certains rôles. Aujourd’hui, les femmes franchissent les barrières et atteignent tous les types de rôles dans l’industrie. »

De l’avis de Sharon, « le rhum est spécial pour nous dans les Caraïbes car il nous soude à travers l’histoire de notre peuple. La plupart de nos ancêtres ont travaillé sur une plantation de canne à sucre à un certain moment. »

ShernellShernell Layne – Contrôleure de la production de rhum à West Indies Rum distillery Ltd.

Possédant une expérience en chimie et processus d’ingénierie, Shernell a été engagée comme assistante-directrice à la production à West Indies il y a 10 ans.

Selon elle, les femmes ont changé le visage de l’industrie du rhum dans les deux dernières décennies en faisant connaître leur présence dans tous les domaines, de la création et du design du produit à la distillation, à l’assemblage et à la gestion.

« Aujourd’hui des titres comme Maître distillateur ou Mâitre de l’assemblage sont tenus par des femmes comme Joanne Moore, Marcia Barnes, Joy Spence et Rachel Barrie pour ne nommer qu’elles, mais des postes de haut-niveau sont aussi occupés par Victoria MacRae-Samuels qui est la vice-présidente des Opérations chez Maker’s Mark, Bridget Firtle, la propriétaire de Noble Experiment distillery et Laura Dierk’s, Partenaire de Direction à Van Brunt Stillhouse. »

Shernell est fière de faire partie d’une industrie où les femmes se démarquent et démontrent qu’elles peuvent faire le même travail que les hommes. Même si croyance persiste dans l’esprit de plusieurs que l’industrie du rhum est un monde d’hommes, Shernell n’a jamais rencontré de désavantage ou de défi additionnel au cours de sa carrière. « Par contre, il m’arrive de trouver amusante la réaction des gens lorsqu’on m’introduit comme la personne qui dirige les opérations de la production du rhum (fermentation et distillation). » Il y a 16 femmes sr 51 employés à West Indies, et 4 d’entre-elles occupent un poste de direction.

Shernell soutient que la production de rhum est un art et une science qui exige patience, soin et un sens accru du goût et de l’odorat. Ces attributs font des femmes des candidates idéales pour les processus et secteurs clés de l’industrie comme l’assemblage, la distillation, le développement de produit, l’analyse sensorielle et l’innovation dans les saveurs. « L’implication des femmes remontent à l’époque de l’esclavage où elles s’occupaient de la distillation et de la production », affirme Shernell. Mais depuis les années 80, les femmes ont atteint des rôles importants dans la production du rhum.

Vidia DoodnathVidia Doodnath – Consultante technique chez Angostura Group et WIRSPA.

Vidia a pris sa retraite en septembre 2013 de son poste de Directrice executive des services techniques à Angostura, elle oeuvrait au sein de la compagnie depuis 38 ans. Angostura compte 145 femmes sur 330 employés. Parmi elles, on retrouve 4 directrices, 6 cadres et 6 superviseures.

« Angostura a été un de mes premiers boulot et ma relation avec le rhum a commencé lorsque je faisais le contrôle de qualité – une partie des requis dans le laboratoire était l’évaluation sensorielle des produits et ceci m’a amené à m’intéresser à l’assemblage du rhum pour l’embouteillage. J’ai été la première directrice dans la compagnie pendant 19 ans et en 1987 je suis devenue la première femme à faire l’assemblage. J’ai été exposée à tous les aspects de la production et suis devenue la première directrice exécutive de la compagnie, responsable de la distillation, de l’assemblage, de l’emballage et de la livraison de nos rhums et amers.»

Vidia pense que le rhum n’est désormais plus un monde d’hommes. « Plus de femmes sont impliqués dans les aspects techniques des opération. Le contrôle de qualité est un excellent départ pour quiconque, homme ou femme, étant impliqué dans tous les aspects de la production du rhum, vous pouvez mieux comprendre tous ses processus et le besoin de s’assurer que la qualité est constante dans toute la chaîne pour répondre aux besoins du client. Plus d’études sont requises pour comprendre les tenants et aboutissants du processus de vieillissement et des arômes complexes qui s’y développent. Les hommes respectent les femmes qui sont confiantes de leur savoir et dans leur comportement au travail. Travailler avec des hommes n’a jamais été un problème. »

« Dans les années 70 et 80, c’était plus difficile car les gens croyaient encore que la place d’une femme est à la maison. Cette dynamique a changé dans les années 90 et maintenant les femmes excellent dans des secteurs d’affaires traditionnellement vus comme appartenant au monde des hommes. Aujourd’hui les femmes surpassent aussi les hommes au niveau académique. »

Je salue en terminant toutes les autres femmes qui travaillent d’une façon ou d’une autre à faire connaître le rhum dans le monde. En espérant que ces témoignages inspirent de futures carrières.

 

A PROPOS DES RHUMS AUTHENTIC CARIBBEAN RUM ET DU LABEL ACR

 
Le label Authentic Caribbean Rum (ACR) a été développé comme un symbole d’authenticité, de provenance et de qualité des rhums faisant partie de la famille WIRSPA. Au fur et à mesure que le label grandit, il devient un symbole pour aider les professionnels et les consommateurs à identifier les marques ACR, mais à court terme il est utilisé dans le but de promouvoir Authentic Caribbean Rum comme un secteur distinct de l’industrie des boissons.
Les entreprises actuellement sous licence sont :
Angostura Limited, Antigua Distillery Limited, Ron Barceló, Brugal & Co, Demerara Distillers Limited, Grenada Distillers Limited, Hampden Estate, J Wray and Nephew Ltd, Mount Gay Distilleries Ltd, National Rums of Jamaica, RL Seale, Rhum Barbancourt, St. Lucia Distillers Limited, St. Nicholas Abbey, St. Vincent Distillery, Suriname Alcoholic Beverages, Travellers Liquors, Westerhall Estate, West Indies Rum Distillery Ltd.
Pour plus d’informations rendez-vous sur : www.acr-rum.com
A PROPOS DE WIRSPA
West Indies Rum and Spirits Producers’ Association Inc. (WIRSPA) représente les associations de distillateurs de la région du CARIFORUM.
WIRSPA représente 13 pays indépendants qui produisent les rhums Authentic Caribbean Rum : Antigua et Barbuda, Barbade, Belize, Dominique, République Dominicaine, Grenade, Guyane, Haïti, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, Suriname, Trinidad et Tobago.
Pour plus d’informations rendez-vous sur : www.wirspa.com.

Le gin selon Aaron Knoll et revue du Romeo’s Gin.

juniperTout indique que la popularité du gin continuera de s’accroître en 2016. Les nouveaux distillateurs jouent avec des combinaisons d’ingrédients végétaux de plus en plus variées pour accompagner la baie de genièvre. Au Canada, la Colombie-Britannique est le chef de file avec un nombre impressionnant de micro-distilleries qui se lancent dans la production de gins et qui exploitent énormément le terroir. Au Québec, vous aurez certainement remarqué que nous avons des petits nouveaux depuis 2015. J’y reviendrai plus loin dans l’article.

Quelques notions de bases

Knoll-book-ginDans mon cas, c’est vraiment avec Aaron Knoll que j’ai appris sur le sujet. Aaron blogue exclusivement sur le gin depuis 2009 sur The gin is in. Il a aussi publié un ouvrage où il revoit plus de 300 gins classés par région, et catégorisés d’une manière à éviter toute confusion. Il a visité des dizaines de bars à gin incluant Le pourvoyeur ici à Montréal qui est mentionné dans son livre.

Classique vs contemporain

Je suis d’avis qu’il faudra peut-être reconsidérer ou enrichir cette distinction de Knoll dans quelques années car la grande majorité des nouveaux gins sont contemporains. Cependant la distinction est présentement fort utile. Quand on parle d’un gin classique, on parle d’un gin dont l’ingrédient végétal prédominant est la baie de genièvre. Généralement, le profil d’ingrédients secondaires de ces gins est assez traditionnels : racine d’angélique, racine d’Iris, casse (fausse cannelle), graines de coriandre, écorce d’agrumes. Exemples de gins classiques : Beefeater, Bombay, Tanqueray, Citadelle, Broker’s, Gordon’s, Sipsmith.

Les gins contemporains introduisent des nouveaux ingrédients végétaux au genévrier obligatoire, parfois dans un spectre assez large. L’exemple que vous reconnaîtrez facilement est le gin Hendrick’s avec son addition de la rose et du concombre. Ces produits ont le mérite d’amener de nouveaux consommateurs à s’intéresser au gin en allant rejoindre des profils de goûts différents. Autres exemples : Brockman’s, Beefeater 24, G’Vine Floraison, St. George, Bloom.

Petite parenthèse : si vous êtes vraiment un mordu, allez au marché Jean-Talon chez Épices de cru et procurez vous un échantillon des ingrédients les plus courants du gin à commencer par la baie de genièvre (en plusieurs provenances / variétés). Ils ont un bon choix. Vous pourrez développer votre nez.

Autres types (moins communs)

Âgé : vieillit en barique (ex : Citadelle Réserve, Beefeater Burrough’s reserve)

Old Tom : ajout de sucre (ex : Hayman’s Old Tom gin)

Arômatisé : ajout d’une saveur après le processus de distillation (ex : Gordon’s cucumber, Greenall’s Wild Berry)

London dry gin

Je crois que vous aurez remarqué déjà qu’un London Dry gin n’est pas nécessairement un gin qui vient de Londres. Pas de problème à ce niveau. Cependant il ne faut pas faire l’erreur de catégoriser automatiquement les London dry gin comme classiques. Knoll donne l’exemple du Bloom’s Premium London dry gin. Ce gin n’est pas classique, il est floral. La baie de genièvre n’est pas prédominante. Qu’est-ce que le London dry donc ? C’est un style de gin régulé plus strictement. Le sucre ne peut excédé un taux de 0,1 g. Il ne peut pas y avoir de couleur ajoutée, de saveur ajoutée, et les ingrédients végétales doivent être dans l’alambique traditionnel à la distillation. (source : Gin – The art and craft of the artisan revival in 300 distillations p. 64) Il est donc clair que le style London Dry focus plus sur la méthode et l’intégrité que sur la prédominance du genévrier au goût. À retenir : un London Dry gin ne garantie pas le goût d’un gin classique.

Profil de saveurs du gin

flavor-pentagon-knoll-ginEn 2011-2012, Aaron a développé un pentagone pour caractériser les gins qu’il critiquait. Je trouve son système ingénieux et je crois qu’il pourra vous aider lors de vos premières dégustations. Le pentagone sert à dresser un profil rapide d’un gin. 5 catégories : genièvre à la base et puis clockwise : épices, floral, agrumes, puissance (alcool). Vous ne capterez pas la complexité avec ça, mais vous dégagerez les grandes tendances et pourrez par la suite constater vers quels types de gin vous avez l’habitude de vous tourner.

Catégorisation des gins du Québec

Vous reconnaîtrez certainement ce lineup :

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1. Piger Henricus (distillerie Les subversifs)

43 % ABV. Contemporain.

Nez : panais sucré, cardamome, très peu de genièvre.

Palais :  puissant citron en premier et cardamome

Finale : assez longue, baies de genièvre et réapparition du panais.

G&T / cocktails : se perd un peu en G&T mais excellent en martini, collins, gimlets, et n’importe quoi de végétal.

J’ai placé Piger Henricus en premier, parce que je crois qu’il est un bon gin d’introduction pour un palais qui n’est pas habitué. Le côté sucré du panais et le citron très présent sont des entrées en matière plus facile que du gros genièvre upfront.

2. Madison Park Premium London Dry (Distillerie 1769)

40 % ABV. Classique.

Nez : écorce d’orange, genièvre, coriandre.

Palais : agrumes, poivre.

Finale : courte à moyenne et sucré, genièvre et angélique.

G&T / cocktails : de loin le meilleur pour les martinis

Madison Park vient en deuxième parce qu’il est le seul gin classique du Québec. Il est doux, balancé, et accessible. Le meilleur compagnon des amateurs de dry martini.

3. Ungava (Domaine Pinnacle)

43,1 % ABV. Contemporain.

Nez : Thé du labrador, genièvre.

Palais : le thé s’accentue avec un peu de confiture de petits fruits.

Finale : moyenne à longue, très herbal, avec prédominance de la baie de genièvre nordique.

G&T / cocktails : attention beaucoup trop de caractère pour un martini. Ses arômes percent très bien à travers le vermouth et l’amaro dans un Negroni. Bon avec Tonic 1642.

Le Ungava premium Dry gin est désormais mondialement connu, et est sans conteste le gin signature du Québec et sans doute du Canada. Oui sa couleur distinctive jaune a aidé à le populariser, mais il est exquis au goût et c’est ce qui le garde au sommet.

4. Gin de Neige (La face cachée de la pomme)

43 % ABV. Aromatisé.

Nez : pomme acidulé, boisée

Palais : épinette, sapinage et genièvre à la première gorgée, puis le sucre de la pomme s’installe.

Finale : moyenne à longue, pomme sucrée et tanins boisés.

G&T / cocktails : je n’ai pas aimé mon expérience en G&T. Par contre je suis convaincu qu’il se travaille merveilleusement en cocktails (ex : white negroni), et que son caractère unique peut inspirer plusieurs nouvelles créations.

Si vous êtes un habitué, votre première rencontre avec le Gin de Neige vous laissera un peu perplexe. Mais je crois que c’est dû aux attentes qu’on se fait. Le fait qu’on voit sur l’étiquette que du cidre de glace est ajouté.  En fait, le Gin de Neige est très subtilement aromatisé. La pomme n’envahit pas les arômes plus habituels du gin. Son taux d’alcool à 43 % est plus élevés que la moyenne des gins aromatisés. Gagne à être connu, surtout des bartenders.

Mais dude… il manque un gin à ton lineup !

I know. Si vous vous le demandiez, je le gardais pour la fin…le p’tit nouveau.

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Romeo’s Gin Édition 01 : art par Stikky Peaches.

5. Romeo’s Gin (PUR Vodka / Fondation Romeo)

46 % ABV. Contemporain.

Nez : concombre et puissante aneth !

Palais : Citron très dominant, concombre.

Finale : moyenne à longue, baies de genièvre.

G&T / Cocktails : Je l’ai seulement essayé neat, mais mes premières impressions m’indiquent que le Romeo est assez bold pour soutenir plusieurs cocktails avec son 46 % ABV. Je l’essaierais définitivement en Gin Fizz.

Le Romeo’s gin est très bold et très straight forward, à l’image du street art sur la bouteille (dont je salue l’initiative d’ailleurs, excellente idée). Ses notes de concombre en font pour moi le cousin québecois du Hendrick’s, en plus explosif, plus intense. Beaucoup de caractère, j’ai bien aimé.

Pour un portrait s’ensemble des gins produits au Canada, je vous invite à vous abonner à ce tableau Pinterest.

See you around !

 

Ma petite analyse de la carte Inspire.

20151219_114838_002L’humoriste Alexandre Barrette a récemment fait une blague sur la « grosse remise » de 1,13 $ que lui a procuré sa carte Inspire après un achat de 266,25 $ à la SAQ.

J'arrive de la S.A.Q. ou j'ai fait un achat de 266,25$. (C'est quand même un gros achat sérieux)La dame à la caisse:…

Publié par Alexandre Barrette sur 17 décembre 2015

Les avis sont très partagés sur la carte. Et l’humoriste s’est rendu compte que le sujet était assez sensible. On dit que les québecois sont très critiques de la Société des alcools. Je crois que cette situation est un peu normale pour toute société d’État. Moins il y a d’alternatives, plus la critique risque de venir rapidement.

Fidéliser…

Parlons en donc de cette fameuse carte Inspire lancée en octobre dernier. Premier constat, la SAQ n’a pas à fidéliser sa clientèle aux dépens de compétiteurs. Si pour vos achats de livres par exemple, la carte Indigo Chapters pouvait soutirer de la clientèle à Renaud-Bray, la SAQ n’a pas à se soucier de ça. Ceci explique peut-être en partie le faible taux de remise de 0,5 %. La fidélisation pour la SAQ, ça ne peut être qu’une chose : faire en sorte que vous reveniez plus souvent en succursale ou en ligne et augmenter les ventes. Point.

Les données et les points

Plusieurs s’insurgent de donner à la SAQ du data précieux pour leur marketing en retour de si peu. Ce genre de chose ne m’offusque pas personnellement. Si on peut me pousser des produits que j’aime plutôt que du bruit à l’aide de mes données, j’estime que je suis gagnant comme consommateur. Après tout, le seul fait d’être sur les médias sociaux et d’utiliser un moteur de recherche laisse des traces qui permettent aux entreprises de faire votre profil de consommateur. Tout le modèle de publicité sur Facebook est basé là-dessus. Je pense aussi, comme Gary Vaynerchuk, que la majorité des gens veulent que leur data soit utilisé pour de la publicité. Voir à 1:40 de ce court vidéo où il est question d’Ello et de sa philosophie de protection des données.

Mais voilà est-ce que la SAQ réussit à obtenir des données fiables ? Et est-ce vraiment ce qu’elle souhaite faire pour la première année de la carte Inspire. J’en doute fortement. Avec un faible taux de remise et des promotions à chaque semaine sur un nombre limité de produits qui procurent plus de points, ils incitent les consommateurs à se tourner vers les produits qu’elle veut vendre. Résultat : tout le monde achète la même chose, sauf Bertrand qui va à la SAQ Signature et achète pour 2000 $ par mois et n’a pas besoin des promos de la carte.

Alors bienheureux ceux qui défendent la carte en affirmant qu’ils parviennent à amasser beaucoup de points rapidement en focusant sur les produits avec points bonis. Au final toutefois, vous n’achetez seulement que ce que la SAQ souhaite que vous achetez, sans établir votre vrai profil de goût de manière organique. Je doute que le petit formulaire à l’inscription soit suffisant.

Une carte de promotion

Présentement, la carte Inspire est un moteur de promotion et de vente plus qu’une cueilleuse de données pour du remarketing futur. Pratiquement toutes les promotions y sont maintenant associées et il y en a à chaque semaine. Nul doute que certaines données sont très utiles à la SAQ. Je pense par exemple à des données quantitatives par utilisateur et rassemblées par région. Mais ce type de données aide la SAQ pour le développement de ses succursales au Québec, ça n’apporte rien au consommateur.

La carte est encore jeune, il y a sans doute un plan de développement par étape où la première année a surtout comme fonction que les gens s’inscrivent. Je m’inquiète toutefois de ce débalancement en faveur de l’outil de promotion, car il ne faudrait pas que ça soit toujours les mêmes produits mainstream qui soient favorisés. Ce serait très bête, si nous retournions à une situation où l’on perd de la diversité au profit des gros vendeurs et que la cause soit la carte Inspire. De plus, les gens iront peut-être moins s’adresser aux experts en succursales pour se faire conseiller, ce qui est une expérience importante pour la relation avec le client.

Attentes

Je souhaite qu’à moyen terme, la SAQ augmente le taux de remise sur nos achats et diminue le nombre de promotions par semaine qui sont attachées seulement à une poignée de produits précis. En contrepartie, les promotions pourraient plutôt être du type : cette semaine, achetez un vin d’Italie ou un whiskey, et obtenez X points bonis.  Ceci permettrait d’avoir des données plus intègres et donc plus utiles pour la marketing ciblé qui suivra, tout en faisant découvrir des choses aux consommateurs. Tout le monde y gagnerait.

En conclusion, pour le moment, il est vrai qu’une carte c’est mieux que zéro carte, mais si à moyen termes les conséquences sont moindrement nuisibles à la diversité des produits disponibles ou pour les emplois des conseillers, ou si vous ne sentez pas au bout d’un certain temps qu’on a établi un meilleur profil de vous pour vous faire découvrir des nouveaux produits, vous êtes totalement légitimés de laisser tomber ce 0,5 %. Car la carte aura prouvé qu’elle aspire plus qu’elle inspire.  Laissons toutefois un peu de temps à la SAQ, j’ai l’impression que nous serons gagnants au bout du compte.

Boire de façon responsable – le cas Flor de Caña

De retour d’une expérience enrichissante dans les Caraïbes avec ACR-Rum. Évidemment, vous vous attendez peut-être à un récit de voyage ou un exposé sur le rhum. C’était effectivement un merveilleux voyage et il y a plusieurs photos qui en témoignent sur ma page Facebook et mon compte Instagram. J’ai énormément appris pendant mon séjour.

Toutefois si vous êtes un nerd du rhum et voulez en savoir plus, je ne saurais mieux faire que Josh Miller, un blogueur de notre groupe de gagnants ACR. Josh est un vrai passionné et blogue principalement sur ce spiritueux. Il posait les questions les plus pertinentes pendant les visites et a fait un travail journalistique exemplaire. Alors au lieu de vous offrir un sous-produit de ce qu’il fait avec tant d’excellence, je vais plutôt vous recommander d’aller le lire sur Inu A Kena. Vous ne serez pas déçus.

Cela paraîtra Debbie Downer pour certains, mais le sujet que j’ai le goût d’aborder avec vous dans cet article fait en sorte le pont entre ma formation ACR, et un article paru la date de mon retour sur Munchies où il est question du taux de décès alarmant dans la région de Chichigalpa’s au Nicaragua. Les hommes dans la trentaine  de cette région sont affectés depuis plusieurs années par une maladie rénale chronique (CKD) et les scientifiques ont relié la maladie aux conditions de travail dans les champs de canne à sucre. Les longues journées de travail incitées par un mode de paie à la quantité de canne coupée, la chaleur accablante, l’hydratation inadéquate et les breuvages sucrés offerts participent à l’épidémie. Le travail quotidien de ces hommes équivaut à un demi marathon par jour ! Multipliez ça par 5 ou 6 pour une semaine …

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Un homme souffrant de maladie rénale chronique (CKD). Photo par Julio Lopez.

Il me semble que tout ça tombe à point. Avec Authentic Caribbean Rum, WIRSPA veut redonner ses lettres de noblesse au rhum. Mais le focus est surtout sur le produit final. Authenticité, provenance, qualité. Des règles pour empêcher le free-for-all qui mènerait à une dépréciation du spiritueux. Je crois que c’est un mandat louable, mais sans enlever de l’importance à cet aspect, il ne faudrait pas oublier que la noblesse et la réputation passent aussi par la responsabilité sociale. Je n’ai pas de chiffres à l’appui, mais il est assez fréquent que les compagnies qui se soucient plus d’environnement et de conditions de travail ont aussi un grand souci pour la qualité du produit qu’ils offrent aux consommateurs. Simple observation. Ce serait une initiative qui changerait la donne, si ACR-Rum ajoutait des règles en ce sens à leurs critères de marque.

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Photo : Bobby Heugel

Quand on voit ce qui se passe au Nicaragua avec les travailleurs de la canne à sucre, on ne peut faire autrement que de se demander si le fait d’inscrire l’année la plus jeune d’un mélange sur l’étiquette est le plus grand défi de cette industrie. Flor de Caña ne fait pas parti d’ACR, mais c’est un rhum de qualité, une marque prestigieuse et très populaire. Ce cas est peut-être la sonnette d’alarme d’un problème qui affecte l’industrie du rhum à plus grande échelle. Mené par Bobby Heugel du Anvil Bar & Refuge à Houston, des bartenders ont déjà réagi aux États-Unis en arrêtant de servir Flor de Caña à leurs clients.

Il est important de savoir si les rapports de responsabilité sociale d’entreprise sont bien encadrés dans cette industrie, ou si nous faisons face à de l’écoblanchiment (greenwashing). Quand un pays dépend autant d’un secteur précis d’activité économique, les citoyens et travailleurs n’ont souvent pas le gros bout du bâton avec les compagnies qui opèrent. Les audits sont-ils bien faits et couvrent-ils toute la chaîne d’approvisionnement ? Et du point de vue environnemental : est-ce que le CO2 généré par le processus de fermentation est bien géré ?

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L’usine de traitement du CO2 et de CH4 de Demerara Distillers ltd. Directement de l’autre côté de la rue de la distillerie.

Si nous nous posons de plus en plus ces questions pour le contenu de notre assiette et nos biens essentiels, je ne vois pas de raison valable pour que les bartenders et les consommateurs ne se questionnent pas sur ces mêmes enjeux avant de servir ou consommer des spiritueux.

New-LIF-logo-small-english-see-thruLa Isla Foundation est un ONG qui a été créé pour se pencher spécifiquement sur ce problème chez les travailleurs de la canne à sucre. Ce vidéo tiré de leur site web donne une vue d’ensemble à la question :

Suite à l’article de Munchies, Flor de Caña a émis un communiqué qui défend les initiatives de Ingenio San Antonio, la compagnie où elle achète sa mélasse.

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En opposition, je vous dirige vers l’étude de terrain de La Isla Foundation qui test 7 affirmations de Ingenio San Antonio à propos de leurs champs.

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Le débat s’est poursuivi lors des derniers jours et le 13 décembre, Edward Hamilton de Ministry of rum a publié cet article où il offre une position plus nuancé sur Flor de Caña, mentionnant l’apport indéniable de la famille Pelas dans la région.

J’espère amener l’attention un peu sur cet enjeu dans les pays francophones.

Pour le temps des fêtes, je vous invite donc à boire de façon responsable, dans le sens plus large du terme. Indirectement, le mot est valable pour la SAQ aussi dans son offre…

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Certification complète ACR Rum : 22 au 27 novembre – Barbades | Guyana | Trinité-et-Tobago

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Le rhum que j’ai utilisé pour le concours d’ACR.

Dimanche très tôt, je quitterai le pays pour la Barbade pour un voyage qui risque d’être mémorable. J’y rencontrerai des producteurs, maîtres distillateurs, bartenders et aurai la chance de parfaire ma connaissance du rhum.

Vous vous souvenez de ma publication du 11 aoùt dernier ? Suite à cette formation sur le rhum des caraïbes donnée par Gabrielle Panaccio au Lab, les participants pouvaient aller sur le site de ACR Rum, soumettre une recette de cocktail avec un des rhums dégustés et répondre à une série de questions (connaissances + un peu de marketing de leurs produits). Après évaluation, 10 candidats à travers le monde étaient sélectionnés pour aller dans les Caraïbes durant une semaine, visiter des distilleries et en apprendre plus sur le rhum pour la seconde phase de la certification.

Et bien je fais partie de ces 10 chanceux. Ouin… j’ai gagné un voyage dans les Caraïbes et c’est pas un scam. 😛

Voici l’horaire de mon séjour qui m’a été envoyé par les organisateurs cette semaine :

22 novembre

4h PM : arrivée à la Barbade (Bridgetown)

6h PM : arrivée au Radisson Aquatica resort (welcome drink avec Neil Morris)

source : http://www.radisson.com/st-michael-hotel-bb/brbbbds
source : http://www.radisson.com/st-michael-hotel-bb/brbbbds

7h PM : Souper informel à l’hôtel

23 novembre

7h AM : Déjeuner à l’hôtel

8h15 AM : Départ pour la tournée des distilleries

7h30 PM : Souper au Coast Beach Bar

24 novembre

7h AM : déjeuner

8h15 AM : départ pour la distillerie West Indies

source : http://www.barbados.org/
West Indies distillery – source : http://www.barbados.org/

5h30 PM : vol pour Guyana

10h PM : arrivée à l’aéroport OGL

11h PM : arrivée à l’hôtel Marriot

 

 

25 novembre

8h AM : déjeuner à l’hôtel

9h AM : départ pour la distillerie Demarara

10h AM : tour de la distillerie  et lunch

  • Visite du Musée DDL
  • Retour à l’hôtel via les champs de canne à sucre

7h30 PM : Souper

26 novembre

7h30 AM : Départ et check-in à l’aéroport

10h20 AM : départ pour Trinidad & Tobago

11h30 AM : arrivée à Port of Spain

1h PM : lunch et tour de Angostura

7h30 : souper

27 novembre

vol de retour au Canada

 

J’ai l’intention de bien profiter de cette incroyable opportunité. Pour ceux qui voudraient me suivre pendant le voyage, je publierai principalement sur ma page Facebook et sur mon compte Instagram.

À bientôt ! Et soyez forts en cette fin de mois de novembre !

Travailler avec le Mezcal

Lors de ma dernière publication, je vous avais parlé de mezcal, des cocktails au restaurant Escondite et de leur dégustation de Los Cuerudos. Je poursuis sur le même thème aujourd’hui avec 2 de mes créations avec le spiritueux fumé de Oaxaca.

La difficulté lorsqu’on mixe avec du mezcal, c’est que le fumé est très présent et atténue beaucoup les autres ingrédients. Il faut donc choisir des ingrédients avec des saveurs assez bold. Je savais déjà que je voulais utiliser l’orange, car elle remplace magnifiquement la lime avec les shots de mezcal. Mais je cherchais d’autres heureux mariages. En regardant le compte Instagram de El silencio, j’ai remarqué une recette intéressante qui m’a incité à faire du sirop de miel.

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Le #MezcalMolly de El silencio est un cocktail simple et délicieux, qui rapelle aussi que les sels fumés et épicés fonctionnent merveilleusement bien avec le mezcal. À retenir.

Comment faire du sirop de miel ?

Très facile, part égale d’eau bouillante et de miel. Mélanger jusqu’à dissolution et réfrigérez. J’ai pour ma part utiliser le Mielleux – un miel artisanal de Roxton Falls. Celui aux fleurs sauvages est excellent.

Voici ma première création, SANGRE Y ARENA :

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1.75 oz Mezcal reposado

1.25 oz jus d’orange frais

0.75 oz sirop de miel

0.5 oz Aperol

Zeste d’orange

Frappez tous les ingrédients dans un shaker et filtrez finement dans une coupe pré-refroidie.

La combinaison d’ingrédients s’apparente peut-être un peu au Blood and sand, d’où le nom. Je le vois un peu comme un cousin mexicain de ce classique. Sucré et fumé avec juste une petite pointe d’amertume qui empêche le cocktail d’être trop sucré.

Pour la seconde création, prenez tout ce que j’ai dit au sujet « d’atténuer le côté fumé » et oubliez-le. Je suis allé complètement à l’encontre de ça et j’ai doublé la mise sur le « smoky » avec du thé lapsang souchong. Car honnêtement, j’aime ça le fumé. Si vous êtes comme moi, cette recette va vous plaire.

 OAXACA ICED TEA

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2 oz Mezcal anejo ou joven

3.5 oz thé Lapsang Souchong froid

0.75 oz sirop de miel

Angostura et orange bitters au goût

quartier d’orange

Combinez les ingrédients, frappez dans un shaker et filtrez dans un highball rempli de glaces. Garnir d’un quartier d’orange.

Je suis très fier de ce cocktail. Si vous n’êtes pas familier avec le lapsang souchong. Demandez de le sentir dans un David’s tea. C’est très particulier. Il est souvent travaillé en cocktail parce que ses arômes rappellent celles du scotch fumé et boisé. Ne vous découragez lorsque vous verrez la couleur du lapsang souchong froid, il est digne du déversement dans le St-Laurent (les montréalais comprendront). Une fois combiné le mélange prend la couleur ambrée d’un thé glacé classique. Avec le miel, on a un résultat qui se rapproche beaucoup d’un vrai thé glacé (plus que le fameux Long island iced tea). C’est fumé certes, mais rien de trop prenant. Un rafraîchissement qui sort de l’ordinaire. Vous pouvez ajouter un peu de soda si ça vous chante.

J’espère vous avoir donner le goût de découvrir le mezcal. Essayez ces recettes et donnez moi vos commentaires.

À très bientôt.