Les pionnières du rhum authentique.

Avec la passion et la créativité des femmes qui sont de plus en plus présentes dans l’assemblage, nous pouvons désormais dire que le rhum est non seulement un spiritueux varié, mais aussi une industrie diversifiée.

Les rhums de la marque ACR ont la chance de compter dans leurs rangs des pionnières du rhum, des modèles inspirants pour toutes celles qui désirent travailler dans cette industrie.

16 d’entre-elles ont répondu aux questions de ACR au sujet de leur parcours professionnel, de l’évolution de la place des femmes dans l’industrie, ce qu’elles apportent de différent à celle-ci ainsi que leur vision du rhum. Voici leurs témoignages :


Amanda Perdomo

Amanda Perdormo Directrice du développement des affaires à Travellers Liquor.

Amanda est impliquée dans l’industrie du rhum depuis près de 30 ans. Elle est l’une des 35 femmes sur 72 employés chez Traveller’s liquor et l’une des 4 femmes travaillant dans un poste de cadre.

Faisant partie de la famille qui a fondé la compagnie, elle conçoit qu’il y a de véritables avantages à avoir des femmes dans cette industrie : «les femmes ont un souci du détail et sont excellentes pour résoudre des problèmes et analyser des processus. » Pour Amanda, la présence des femmes dans l’industrie dans des fonctions moins traditionnelles suit le rythme de l’intérêt des femmes pour la science. La production de rhum se fie de plus en plus à la science et devient de plus en plus technique.

 

Candace Browne 1 HR ManagerCandace Brown Directrice des ressources humaines chez Mount Gay Distillers

Candace travaille dans l’industrie du rhum depuis 2007. « Je travaillais comme directrice RH pour la plus grande compagnie de breuvages en Barbades et j’ai été attiré par Mount Gay parce que c’est un produit emblématique du pays. »

Selon elle, l’industrie du rhum devient de moins en moins une industrie d’hommes. Chez Mount Gay par exemple, 40 % des employés sont des femmes (50 sur 115) et 5 d’entre-elles ont des postes de cadre. Elle est d’avis que les femmes apportent « une attention aux détails, de la finesse, une perspective orientée sur la qualité et naturellement un touche humaine à l’industrie du rhum. »

« Le rhum est originaire de Barbades, alors il est cher au cœur des gens des Caraïbes ; il fait partie des repas, des fêtes, et des occasions spéciales. C’est le spiritueux des célébrations. Si d’autres spiritueux ont la réputation de cibler plus les hommes, le rhum lui est très inclusif, dans l’esprit des Caraïbes, il se boit en famille, comme le rhum punch ».

Carol HomerCarol Homer Directrice, Operations en laboratoires, Développement de produits et Systèmes de qualité chez Angostura Ltd

Carol est dans l’industrie du rhum depuis 20 ans. Elle a débuté en 1995 en dirigeant les opérations en laboratoire, qui impliquaient le contrôle de qualité. «En 1999-2001, à la tête du développement de produit, j’ai développé les mélanges qui allait couvrir notre portée internationale : Angostura 1919, Angostura 1824, le 5 ans Gold, le 7 ans Dark et le Rhum Blanc Réserve. Les femmes ont des rôles clés chez Angostura depuis les 37 dernières années. Par exemple, Vidia Doodnath a commencé dans le laboratoire, à faire de l’assemblage, puis aux opérations techniques comme directrice exécutive durant une carrière de 37 ans chez Angostura avant de prendre sa retraite en 2014. Les femmes dans l’industrie sont très respectées. »

Un total de 120 femmes sur 328 employés travaillent présentement pour Angostura, et 15 d’entre-elles ont des rôles clés de leaders. Ce n’est pas surprenant puisque « les femmes amènent l’équilibre, la romance, l’innovation et la passion dans la production du rhum » selon Carol. «  Tout spécialement les chimistes, car nous sommes excellentes pour assembler, analyser et corriger jusqu’au point de perfection. La plupart des femmes commencent au contrôle de qualité, pour ensuite faire l’assemblage et éventuellement devenir ambassadrice.»

Concernant l’attrait qu’ont les consommatrices pour le rhum, Carol considère que la clé est la polyvalence : « les femmes peuvent apprécier plus facilement le rhum car il est moins un goût qui s’acquiert. Selon mon expérience avec le bourbon, le whiskey, le gin, le cognac ou le brandy, ils ont tous un caractère et un goût très masculin et particulièrement pour un palais des Caraïbes. »

Christelle HarrisChristelle Harris Directrice du marketing à Hampden Estate.

Christelle œuvre dans l’industrie du rhum depuis 4 ans. Selon elle, l’industrie n’est pas exclusive : « mon introduction au monde des spiritueux a été complètement inclusive. J’ai rencontré des femmes dans l’industrie qui sont hautement respectées, voire vénérées par les connaisseurs (femmes et hommes). Une fois que votre interlocuteur sait que vous parlez vous aussi le langage des spiritueux, votre maîtrise est tout ce qui compte à la fin. »

Christelle a simplement choisi d’ignorer la stigmatisation : «dans notre industrie, les jours sont comptés où d’importantes barrières étaient faites aux femmes. C’est à nous de réaliser que les opportunités sont bien présentes. Il y a une multitude de ressources et de personnes qui sont disponibles et veulent t’aider à faire ton travail de manière plus efficace et efficiente. »

Chez Hampden Estate, il y a une parité parfaite. 20 employés sur 40 sont des femmes. 4 d’entre-elles sont dans des postes de cadre. De son avis, les femmes ont tendance à mieux comprendre l’importance de la tradition, ne craignent pas de se réinventer et ont l’habileté de survivre dans n’importe quel environnement. Saisir cet équilibre est une tâche ardue qui ne se termine jamais, mais les femmes semblent avoir un meilleur instinct pour la réaliser. »

Au cours des dernières décennies, «  les femmes se sont rendues compte qu’il y avait une place pour elles dans cet environnement autrefois dominé par des hommes. Cet intérêt va continuer de s’accroître. »

Evita Maitland Assistance-directrice de Laboratoire à Grenada Distillers Ltd.

Travaillant pour la compagnie depuis plus d’un an maintenant, Evita pense que « traditionnellement, les hommes ont occupé des positions plus hautes dans l’industrie du rhum, et l’idée selon laquelle les femmes n’auraient pas leur place dans ces mêmes rôles est une barrière à abattre. »

Evita croit que « les femmes amènent une nouvelle perspective au rhum en ce qui a trait aux formules, au goût, et à l’esthétique ; de plus le milieu évolue en intégrant de plus en plus de femmes. »

Son conseil aux femmes qui souhaiteraient joindre l’industrie est « d’être consciente que vous entrez dans un milieu d’hommes, mais en gardant l’assurance que vous y avez pleinement votre place et que pouvez contribuer grandement avec vos qualités et vos idées. »

Jassil-Villanueva.jpgJassil Villanueva Maître de rhum à Brugal & Co.

 Jassil a officiellement fait ses débuts avec Brugal en 2010, mais elle est impliquée dans l’industrie du rhum depuis son enfance. « Mon père fait partie de la 4ième génération de la famille Brugal, et il travaille pour la compagnie depuis plus de 20 ans. J’ai grandi dans le monde du rhum. Au collège, j’ai travaillé comme stagiaire dans les opérations de la compagnie. »

Jassil est la première femme à devenir Maître de rhum chez Brugal. Elle dit être “la seule femme dans la famille à avoir postulé pour la position. Devenir Maître de rhum ne fût pas un concours de circonstances. Ce fût un long processus de plusieurs mois où j’étais en constante évaluation sous la supervision des Maîtres. J’ai fait des dégustations de rhums à l’aveugle et de l’échantillonnage pour aiguiser mes sens de l’odorat et du goût. »

Même si le rhum est un monde traditionnellement masculin, Jassil admet que les portes se sont ouvertes aux femmes lors des dernières années et que plusieurs d’entre-elles ont maintenant des responsabilités accrues pour de grandes marques. « Le monde de la distillation n’est plus exclusif aux hommes, et il a maintenant un côté féminin. »

De son point de vue, l’industrie des spiritueux a évolué dans le même sens que l’époque où nous vivons, et les seules barrières dans nos vies sont celles que l’on s’impose soi-même. »

Jassil est l’une des 156 femmes qui travaillent chez Brugal & Co, où 21 d’entre-elles occupent un poste de cadre. Elle trouve l’apport des femmes dans le milieu du rhum très important : « les femmes offrent une touche de délicatesse. La science a prouvé que le l’odorat d’une femme est meilleur que celui des hommes et leur travail permet d’explorer de nouvelles avenues avec les produits et saveurs. Le rhum produit par les femmes ajoute une touche spéciale qui le rend plus attrayant. J’en suis venu à la conclusion que le côté féminin du rhum est fascinant. Nous avons toujours été présentes dans l’industrie et nous devenons de plus en plus proactives. »

Joy Spence 1.jpgJoy Spence Maître de l’assemblage à Appleton Estate (JJ Wray and Nephew Ltd)

Joy est une experte de renommée internationale et travaille dans l’industrie du rhum depuis 34 ans. « J’ai étudié pour obtenir une Maîtrise en chimie analytique au Royaume-Uni. Quand je suis retournée en Jamaïque, j’ai enseigné la chimie et puis j’ai décidé de quitter le milieu académique pour travailler dans le secteur privé. J’ai joins J. Wray & Nephew Ltd comme Chimiste en chef en 1981 où j’ai travaillé étroitement avec le Maître de l’assemblage de l’époque : Owen Tulloch. Cela m’a permis d’étudier son art et je fus affecté à son poste au moment de sa retraite. Tout ça remonte à 1997 et à cette époque je devenais la première femme Maître de l’assemblage au monde dans l’industrie des spiritueux. Il fut un temps où cette industrie était dominée par les hommes, mais les temps changent et en fait J. Wray & Nephew Ltd ont un pourcentage plutôt élevé de femmes qui y travaillent, et je pense que c’est merveilleux. »

Joy affirme ne s’être jamais soucié de la question du sexe puisqu’elle était confiante d’avoir les habiletés techniques et créatives pour faire son travail. Pour elle la seule barrière de l’industrie, c’est que les gens ne sont pas informés de la variété de postes où l’on peut œuvrer dans le rhum. C’est aux femmes de l’industrie de montrer aux jeunes générations toutes les possibilités qui sont offertes. « J’essaie de faire ma part en donnant des séminaires de motivation et de choix de carrière dans les écoles en Jamaïque. »

En termes de consommation, Joy pense que le rhum est le spiritueux le plus polyvalent et le plus accessible au monde. « Vous pouvez déguster le rhum avec un simple allongeur, dans un cocktail sophistiqué, ou bien pur, où vous pourrez apprécier la complexité de ses arômes et saveurs. »

Margaret MonplaisirMargaret Montplaisir Directrice à St.Lucia Distillers Ltd.

Margaret est dans l’industrie du rhum depuis 30 ans. À St. Lucia Distillers, un tiers des 150 travailleurs sont des femmes et 9 d’entre-elles sont dans des postes de cadre. « Mon introduction à l’industrie a commencé lorsque je travaillais pour une compagnie de distribution, Barbay Ltd. Au bout d’un certain temps, la distillerie a intégré Barbay Ltd. dans ses opérations. Mon équipe a dû acquérir une profonde connaissance du rhum afin de bien le vendre. Nous avons acquis une compréhension des processus de la canne à sucre jusqu’à l’embouteillage et avons pu faire grandir une marque qui se mourrait en un meneur sur le marché. En m’appuyant sur ma connaissance de l’industrie, j’ai gravi les échelons en devenant d’abord Directrice commerciale et ensuite Directrice en charge de l’administration et autres secteurs d’activités. Mon développement m’a permis d’apprécier tout le travail derrière la création d’une bouteille d’un rhum de qualité. »

Margaret pense que « traditionnellement, les hommes ont gravité autour de cette industrie plus que les femmes, mais qu’il y a un changement qui s’opère. Plus de femmes entrent dans le milieu et la main d’oeuvre est plus diversifiée, tout particulièrement dans les secteurs techniques. Plus de femmes travaillent dans les laboratoires et dans les départements de contrôle de qualité. Leur confiance grandit et leur besoin de contribuer dans une industrie d’hommes devient plus apparent. »

Pour Margaret, « il n’y a pas de véritables barrières qui empêchent les femmes de travailler dans l’industrie du rhum, et d’apporter leur soucis du détail si important pour le contrôle de qualité. Elles amènent une polyvalence au produit et à la marque avec des idées innovantes pour le rhum, en plus d’une conception non-traditionnel de l’emballage, de l’équilibre travail/famille, et une approche plus douce qui améliore les conditions de travail des employés. »

Selon Margaret, les femmes ont toujours été impliquées dans l’industrie du rhum, mais elles étaient autrefois à l’arrière-plan. Aujourd’hui les femmes possèdent et dirigent les distilleries et sont les visages de leur compagnie.

Melissa BrowneMelissa Browne Spécialiste de lassurance qualité à West Indies Rum Distillery Ltd.

Melissa travaille dans l’industrie du rhum depuis 9 ans dans une compagnie qui compte 16 femmes sur 53 travailleurs. Melissa a le sentiment que même si le rhum est un milieu d’hommes, il y a plusieurs percées faites par les femmes : je travaille avec plusieurs femmes qui contribuent de manière significative à la compagnie avec leurs propres idées et initiatives. De plus, il y a 4 postes de cadres dans notre compagnie et 2 de ces postes sont occupés par des femmes. »

Pour Mélissa, « la contribution des femmes ouvre l’industrie à un marché qui représente la majorité de la population. Il y a toujours de la place pour les spiritueux forts, mais les femmes apportent une dynamique plus agréable au goût et plus sociable. Le rhum est un spiritueux en évolution et les femmes laissent maintenant leur marque dans l’industrie. »

Elle croit que l’histoire-même du rhum est ce qui le rend si spécial. Chaque territoire a une histoire unique qui est liée au rhum, et tout spécialement les Caraïbes. »

Moya LambertMoya Lambert Directrice technique pour Antigua Distillery Ltd.

Moya travaille dans l’industrie du rhum depuis 11 ans. Son père a aussi travaillé dans l’industrie, et le rhum faisait partie de la famille. Elle est l’une des 3 femmes dans un poste de cadre sur une compagnie de 50 employés. « Le rhum est encore un monde d’hommes, toutefois ce n’est pas un véritable problème. » Moya soutient qu’elle a toujours été capable de s’adapter, et que le travail dans l’industrie n’a jamais été un problème pour elle, ou pour n’importe quelle femme, « il n’y a pas vraiment de barrières qui empêchent les femmes de travailler dans l’industrie du rhum. Les femmes ont une perspective différente par rapport au goût et porte plus d’attention à l’aspect qualité comparativement aux hommes. Nous amenons quelque chose de différent, de la valeur ajoutée d’une autre manière. »

Selon Moya les femmes ont toujours été impliquées dans l’industrie et il y en a de plus en plus qui s’y joignent. C’est un fait qui se constate lors des rencontres régionales et dans les secteurs de leadership.

Selon elle, le fait que le rhum provienne des Caraïbes est un aspect clé de ce spiritueux. Il a une grande histoire liée à celle des Caraïbes et il est bien sûr un spiritueux remarquable. Pur, en daiquiri, ou simplement avec du ginger ale. »

Phillipa GreavesPhillippa Greaves Directrice des exportations et des promotions à St.Vincent Distillers Ltd.

Faisant partie de la famille du rhum, Phillippa a commencé à travailler dans l’industrie il y a 11 ans. Selon elle, les spiritueux sont encore un monde d’hommes. « Toutefois la tendance change et les femmes sont plus impliquées. Ayant vécue 24 ans en Australie, là où l’idée d’égalité des chances en milieu de travail était adoptée, et où les femmes ont accès à des postes dans la machinerie lourde, la construction ou les mines, j’ai intégré l’idée qu’il n’y a aucune raison valable pour empêcher les femmes de participer activement dans le monde des spiritueux ». Ce positivisme fait son chemin dans l’industrie du rhum selon Phillipa, qui affirme qu’ « il n’y a pas du tout de barrières pour les femmes qui travaillent dans le rhum. »

Phillippa travaille dans une compagnie où 6 des 27 employés sont des femmes et 2 d’entre-elles occupent des postes de cadre. Pour elle, les femmes et les hommes amènent chacun leurs avantages et leur perspective différente à l’industrie, mais le rôle des femmes est nouveau et grandit depuis 20 ans.

Pour Phillippa le rhum est un breuvage spécial pour plusieurs raisons : le fait qu’il soit né dans les Caraïbes, son histoire et son attrait pour plusieurs types de consommateurs. « Hommes, femmes, fort, doux, le rhum peut s’adapter au goût de n’importe qui. »

Rieke WirjabesariRieke S. Wirjabesari – Chef de l’assemblage à Suriname Alcoholic Beverages N.V

Rieke travaille dans le rhum depuis plus de 24 ans. « En 1991, à l’école secondaire, je devais réaliser un projet chez Suriname Alcoholic Beverages(SAB) en faisant des recherches sur l’influence du pH et de la température dans les 3 stades du processus de production d’alcool. Après avoir gradué, j’ai commencé à travailler chez SAB. »

Au sujet du role des femmes dans le rhum, Rieke affirme qu’il n’y a pas de barrières, mais des défis, puisque les spiritueux sont traditionnellement associés aux hommes. « Ça fait en sorte qu’on apprend sur soi et ce qu’on est capable d’accomplir. »

SAB emploie 36 femmes sur 104 travailleurs, et il y a une parité parfaite dans les rôles de direction. « Les femmes amènent de la passion à l’industrie. Nous sommes positives, j’aime et j’apprécie mon travail et je suis reconnaissante pour tout sur mon parcours. »

Le processus de vieillissement est l’une des choses qui rend le rhum spécial selon Rieke, de même que son profil plus léger en comparaison avec avec les sprititueux plus costauds comme le brandy et whisky. « J’aime le rhum avec du Coca-cola ou allongé avec du jus, et un cocktail avec du rhum léger. »

Sarina Ortiz -Ron Barcelo-Sarina Ortiz Directrice marketing à Barceló Export Import, SRL.

Sarina travaille dans l’industrie du rhum depuis 10 ans. « Après avoir travaillé dans le secteur financier pendant 2 ans, j’ai quitté la Répuplique Dominicaine pour étudier en Espagne; par la suite, un poste d’assistant en marketing s’est ouvert et  j’ai trouvé le défi intéressant : une compagnie dominicaine de rhum avec des partenaires espagnols et la vision à long terme de devenir une marque reconnue sur le marché international. 10 ans plus tard je suis fière de dire que j’ai fait partie de cette quête. »

Sarina ne pense pas que le rhum soit un monde d’hommes depuis quelques années. «Je crois qu’en tant que femmes, nous amenons un point de vue excitant à toute l’industrie. Les spiritueux sont devenus plus accessibles pour les consommateurs de nouvelles générations, hommes et femmes, et il faut avoir une perspective de l’intérieur. »

Faisant partie d’une compagnie qui engage 157 employés, dont 44 femmes (5 dans des postes de direction), Sarina affirme n’avoir jamais rencontré de barrières faites aux femmes. « Lorsque vous prouvez vos aptitudes comme professionnelle, vous découvrez que vos pairs veulent collaborer avec vous sans égard à votre genre. Je crois avoir amené une touche féminine et une certaine audace dans mon milieu de travail. »

D’après elle, l’histoire derrière le rhum est bien liée à sa naissance dans les Caraïbes. Quand vous pensez au rhum, vous vous transportez immédiatement dans un lieu, un moment, une expérience. Le rhum Barceló est rempli de traditions, d’héritage et d’élaboration artisanale combinés avec des techniques industrielles, l’innovation et le design. En tant que catégorie, le rhum est un spiritueux polyvalent, avec une grande variété de produits qui s’accordent à tous les palais, âges, et goûts particuliers ; des rhums blancs et dorés pour les cocktails aux rhums d’exceptions et âgés à siroter. »

Sharon Sue HangSharon Sue Hang Maître de l’assemblage à El Dorado Rums et Directrice technique pour Demerara Distillers Ltd.

Sharon travaille pour Demerara Distillers Ltd depuis près de 20 ans. «  j’ai commencé ma carrière comme chimiste dans l’organisation et c’était naturel pour moi de travailler avec El Dorado. En tant que chimiste, je suis arrivé avec le bon bagage connaissances techniques. J’ai appris à mélanger en suivant les traces des maîtres précédents et j’ai acquis une compréhension des particularités inhérentes à El Dorado avec leur mentorat. À travers tout cela j’ai aiguisé mon habileté naturelle à identifier très rapidement les profils de goût et à distinguer les nuances dans les saveurs. »

Sharon pense que “les femmes ont un meilleur nez pour ce type d’emploi. Dans ma compagnie, on ne m’a pas fait sentir différente d’aucune manière parce que j’avais un poste traditionnellement occupé par des hommes. J’ai appris sous les ailes de collègues expérimentés. Nous nous respectons les uns les autres dans nos rôles et fonctions sans égard au genre. »

En outre, elle ne pense pas qu’il y ait des barrières empêchant les femmes de travailler dans l’industrie du rhum. « En fait selon moi il n’y a pas de barrières dans aucun domaine. Les femmes doivent être fortes mentalement et émotionnellement et ne pas attendre de faveur en raison de leur statut. Même si je ne suis peut-être pas assez forte pour soulever un tonneau de rhum, je peux quand même grimper sur n’importe quel réservoir et trouver mon chemin dans l’entrepôt de barils et de cuves. »

Environ 35 % des 1200 employés à Demerara Distillers Ltd. sont des femmes et 4 d’entre-elles ont des postes de direction (sur les 10 postes). « Les femmes amènent de la finesse et un souci du détail dans la conception du rhum ; en plus d’avoir une perspective unique dans une industrie dominé autrefois par les hommes. Nous avons été impliquées depuis longtemps dans le rhum, mais pas dans certains rôles. Aujourd’hui, les femmes franchissent les barrières et atteignent tous les types de rôles dans l’industrie. »

De l’avis de Sharon, « le rhum est spécial pour nous dans les Caraïbes car il nous soude à travers l’histoire de notre peuple. La plupart de nos ancêtres ont travaillé sur une plantation de canne à sucre à un certain moment. »

ShernellShernell Layne – Contrôleure de la production de rhum à West Indies Rum distillery Ltd.

Possédant une expérience en chimie et processus d’ingénierie, Shernell a été engagée comme assistante-directrice à la production à West Indies il y a 10 ans.

Selon elle, les femmes ont changé le visage de l’industrie du rhum dans les deux dernières décennies en faisant connaître leur présence dans tous les domaines, de la création et du design du produit à la distillation, à l’assemblage et à la gestion.

« Aujourd’hui des titres comme Maître distillateur ou Mâitre de l’assemblage sont tenus par des femmes comme Joanne Moore, Marcia Barnes, Joy Spence et Rachel Barrie pour ne nommer qu’elles, mais des postes de haut-niveau sont aussi occupés par Victoria MacRae-Samuels qui est la vice-présidente des Opérations chez Maker’s Mark, Bridget Firtle, la propriétaire de Noble Experiment distillery et Laura Dierk’s, Partenaire de Direction à Van Brunt Stillhouse. »

Shernell est fière de faire partie d’une industrie où les femmes se démarquent et démontrent qu’elles peuvent faire le même travail que les hommes. Même si croyance persiste dans l’esprit de plusieurs que l’industrie du rhum est un monde d’hommes, Shernell n’a jamais rencontré de désavantage ou de défi additionnel au cours de sa carrière. « Par contre, il m’arrive de trouver amusante la réaction des gens lorsqu’on m’introduit comme la personne qui dirige les opérations de la production du rhum (fermentation et distillation). » Il y a 16 femmes sr 51 employés à West Indies, et 4 d’entre-elles occupent un poste de direction.

Shernell soutient que la production de rhum est un art et une science qui exige patience, soin et un sens accru du goût et de l’odorat. Ces attributs font des femmes des candidates idéales pour les processus et secteurs clés de l’industrie comme l’assemblage, la distillation, le développement de produit, l’analyse sensorielle et l’innovation dans les saveurs. « L’implication des femmes remontent à l’époque de l’esclavage où elles s’occupaient de la distillation et de la production », affirme Shernell. Mais depuis les années 80, les femmes ont atteint des rôles importants dans la production du rhum.

Vidia DoodnathVidia Doodnath – Consultante technique chez Angostura Group et WIRSPA.

Vidia a pris sa retraite en septembre 2013 de son poste de Directrice executive des services techniques à Angostura, elle oeuvrait au sein de la compagnie depuis 38 ans. Angostura compte 145 femmes sur 330 employés. Parmi elles, on retrouve 4 directrices, 6 cadres et 6 superviseures.

« Angostura a été un de mes premiers boulot et ma relation avec le rhum a commencé lorsque je faisais le contrôle de qualité – une partie des requis dans le laboratoire était l’évaluation sensorielle des produits et ceci m’a amené à m’intéresser à l’assemblage du rhum pour l’embouteillage. J’ai été la première directrice dans la compagnie pendant 19 ans et en 1987 je suis devenue la première femme à faire l’assemblage. J’ai été exposée à tous les aspects de la production et suis devenue la première directrice exécutive de la compagnie, responsable de la distillation, de l’assemblage, de l’emballage et de la livraison de nos rhums et amers.»

Vidia pense que le rhum n’est désormais plus un monde d’hommes. « Plus de femmes sont impliqués dans les aspects techniques des opération. Le contrôle de qualité est un excellent départ pour quiconque, homme ou femme, étant impliqué dans tous les aspects de la production du rhum, vous pouvez mieux comprendre tous ses processus et le besoin de s’assurer que la qualité est constante dans toute la chaîne pour répondre aux besoins du client. Plus d’études sont requises pour comprendre les tenants et aboutissants du processus de vieillissement et des arômes complexes qui s’y développent. Les hommes respectent les femmes qui sont confiantes de leur savoir et dans leur comportement au travail. Travailler avec des hommes n’a jamais été un problème. »

« Dans les années 70 et 80, c’était plus difficile car les gens croyaient encore que la place d’une femme est à la maison. Cette dynamique a changé dans les années 90 et maintenant les femmes excellent dans des secteurs d’affaires traditionnellement vus comme appartenant au monde des hommes. Aujourd’hui les femmes surpassent aussi les hommes au niveau académique. »

Je salue en terminant toutes les autres femmes qui travaillent d’une façon ou d’une autre à faire connaître le rhum dans le monde. En espérant que ces témoignages inspirent de futures carrières.

 

A PROPOS DES RHUMS AUTHENTIC CARIBBEAN RUM ET DU LABEL ACR

 
Le label Authentic Caribbean Rum (ACR) a été développé comme un symbole d’authenticité, de provenance et de qualité des rhums faisant partie de la famille WIRSPA. Au fur et à mesure que le label grandit, il devient un symbole pour aider les professionnels et les consommateurs à identifier les marques ACR, mais à court terme il est utilisé dans le but de promouvoir Authentic Caribbean Rum comme un secteur distinct de l’industrie des boissons.
Les entreprises actuellement sous licence sont :
Angostura Limited, Antigua Distillery Limited, Ron Barceló, Brugal & Co, Demerara Distillers Limited, Grenada Distillers Limited, Hampden Estate, J Wray and Nephew Ltd, Mount Gay Distilleries Ltd, National Rums of Jamaica, RL Seale, Rhum Barbancourt, St. Lucia Distillers Limited, St. Nicholas Abbey, St. Vincent Distillery, Suriname Alcoholic Beverages, Travellers Liquors, Westerhall Estate, West Indies Rum Distillery Ltd.
Pour plus d’informations rendez-vous sur : www.acr-rum.com
A PROPOS DE WIRSPA
West Indies Rum and Spirits Producers’ Association Inc. (WIRSPA) représente les associations de distillateurs de la région du CARIFORUM.
WIRSPA représente 13 pays indépendants qui produisent les rhums Authentic Caribbean Rum : Antigua et Barbuda, Barbade, Belize, Dominique, République Dominicaine, Grenade, Guyane, Haïti, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, Suriname, Trinidad et Tobago.
Pour plus d’informations rendez-vous sur : www.wirspa.com.
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